Les habitants sont très curieux de nous voir comme
très souvent depuis la Géorgie. La visite du CC est une habitude.
On monte au monastère de Sanahin qui a connu son
apogée au X° et XI° siècle. On va ensuite au monastère de Haghat dont les
nombreux bâtiments sont entourés d’un mur d’enceinte. Ces 2 sites sont inscrits
au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Il fait très beau (29°) et on s’arrête à une fontaine
pour faire les pleins et les vides du CC puis je fais une lessive. On prend
notre temps et on profite du calme de ce lieu.
Les tombes sont ornées d’une photo des défunts. Il y a
des tombes au bord de la route vers Alaverdi et c’est très surprenant.
On va à Spitak qui a été l’épicentre du tremblement de
terre de 1988. On monte à 1500 m. d’altitude puis on traverse une région de
montagnes couvertes de prairies - la vallée est très large et de grands lopins
d’une terre très noire sont mis en culture.
La route est toujours pleine de trous – ces trous sont
agrandis et taillés au carré puis une équipe passe et les rebouche avec du
goudron – mais ce n’est pas fait tout de suite alors la conduite est
sportive.
On monte à plus de 2000 m., on passe dans un tunnel et
on arrive au bord du lac Sevan – magnifique lac d’altitude où nous
bivouaquerons au pied des deux églises médiévales de Sevanavank.
Jeudi 23 mai : 14 – 18 ° / 200 km - 5760 km
Les boutiques ambulantes s’installent de bon matin et
2 cars de touristes arrivent déjà.
On remonte aux églises d’où on a une très belle vue
sur le lac.
Repas de midi près de l’église de Hairavank toujours
au bord du lac. Nous allons ensuite à Noratus dont le cimetière renferme le
plus grand nombre de « khatchkars » (ou pierres gravées de croix)
d’Arménie. On termine la visite juste avant l’orage. Depuis la Géorgie nous
avons des températures très agréables – entre 18 et 25 degrés tous les jours –
mais ici nous sommes à 1900 m. et il fait plus frais.
On continue notre route jusqu’à Vardenis où nous avons
un contact avec Artem et Nara – c’est un couple d’arméniens qui accompagnent
des touristes pour visiter cette région et qui les accueillent en chambres
d’hôtes. Leur accueil est très chaleureux et c’est une très belle rencontre.
Ils nous donnent des informations sur leur pays et nous offrent le café. On
leur propose de leur laisser des sacs de vêtements et de chaussures (plus de
100 kg). Ils les porteront dans des villages isolés et les distribuerons autour
d’eux. Ils ne veulent pas nous laisser partir sans nous offrir un repas alors
nous passons à table. Le repas est délicieux : beignets de courgettes avec
crème et beurre, tomates et concombres, spécialité arménienne de raviolis et
fromage accompagné d’herbes. Le tout est arrosé de limonade aromatisée et de
vin d’argousier (élaboré par le père de Nara) dont ils nous donnent une
bouteille. A notre tour on leur offre une bouteille de rosé de Provence.
Nous retournons vers Marturi où nous passerons la
nuit.
Vendredi 24 mai : 12 – 28 ° / 275 km – 6035 km
Circulation très dense dans cette petite rue !
Nous quittons le bord du lac en direction du sud.
Premier arrêt au Caravansérail de Selim. Nous sommes sur la route de la soie.
Il fait très noir dans ce bâtiment mais quand nos yeux se sont habitués à
l’obscurité nous sommes très surpris par la beauté de ce lieu – la façade est
ornée de sculptures et de « nids d’abeilles ». A l’intérieur la salle
est séparée en 3 parties par de gros piliers carrés – elle est très peu
éclairée par des « lucarnes ». Le site est magnifique juste après un
col à plus de 2000 m. Toute cette région est suuperbe – le jaune des tapis de
boutons d’or est remplacé par le vert des pâturages et le blanc de la neige
couronne le tout.
A Shatin nous tournons à gauche pour monter à l’église
de Arates. Elle est partiellement en ruines mais vaut le détour. Dans ces
régions de montagne les paysans mettent les bouses de vache à sécher comme au
nord de l’Inde où elles servent de combustible.
Puis c’est le monastère de Tananati. Il est isolé en
pleine montagne mais la route est plutôt bonne. Il est superbe perché sur un
promontoire – nombreuses sculptures sur les murs dont un lion dévorant un
buffle ( ?), un aigle serrant un mouflon ( ?), … et de très belles
sculptures sur le bois des portes (serpents, main). Au retour nous croisons une
trentaine de voitures avec des jeunes gens qui fêtent quelque chose, la fin des
études secondaires sans doute …
Nous reprenons de l’altitude pour aller à Jermuk,
ville d’eau réputée paraît-il … rien à voir !
Au col de Vorotan on achète des asperges qui seront
excellentes.
Et le bivouac se fait après Sisian, à Aghitu en face
de l’hôpital militaire.
Samedi 25 mai :uit calme. Nous faisons le plein d’eau à la fontaine
et quelques courses à la mini-épicerie à côté.
Le niveau du gasoil est assez bas alors nous
retournons sur Sisian pour faire le plein. Après avoir cherché longtemps nous
trouvons une vieille pompe et mettons quelques litres.
La petite route en assez bon état nous conduit à Vorotnovan
– église très bien conservée dans le même style que celles que nous avons déjà
visitées.
Retour sur Sisian et visite du site de Zohrats Kar –
il daterait de 7500 ans avant J.C. et aurait été aménagé à des fins de
prévisions astrologiques entre autres. C’est un champ de 224 pierres brutes
dont certaines ont un alignement précis au moment de l’équinoxe de printemps.
Notre arrêt de midi se prolonge par un moment de
lecture et de farniente.
Nous allons à Goris où nous devons rejoindre Annick et
Hubert, Christiane et Jean. Nous avons la surprise de trouver 2 autres
équipages de CCRSM : René et France d’Andrea (qui sont sur un circuit
proche du nôtre) puis Danie et Daniel Meunier (qui sont de retour d’Iran). Nous
avons beaucoup de choses à dire et d’infos à échanger et nous passons un moment
très agréable ensemble.
Bivouac en ville où nous tombons sur une boulangerie
très originale – de très fines galettes de pain sont cuites dans un four à ras
du sol - nous irons demain y acheter notre pain.
Dimanche 26 mai : 12 – 20 ° / 10 km
Au saut du lit nous avons la visite de Danie et Daniel
qui viennent nous dire au revoir avant de partir vers le Haut-Karabagh – qui
était arménien et a proclamé son indépendance.
Ce matin nous avons une connexion, ce qui n’était pas
arrivé depuis la Géorgie et nous lisons avec plaisir les messages de la famille
et des amis.
La jeune femme que Hubert a contacté par internet et
qui a organisé notre journée arrive.
Nous allons rejoindre sa famille dans la campagne sur
une aire de pique-nique. Ils fêtent des anniversaires et sont une vingtaine. La
table est dressée et il y a de nombreuses petites assiettes de mets
locaux (voir les photos). L’ambiance est très chaleureuse. Les arméniens
boivent de l’eau de vie de mures (65°) et nous boirons un excellent vin
arménien. A chaque service nous trinquons « guénatz’t » et nous allons
trinquer très souvent … 3 litres d’eau de vie pour les hommes arméniens (6) et
1,5 l. de vin pour les français (6). Nous ne bouderons quand même pas les
alcools forts. Il paraît qu’en buvant cul sec on n’est pas beurré ! et
c’est sans doute vrai parce qu’ils prendront le volant et arriveront à bon
port !
Nous offrons des fleurs, la poupée de Claire fait le
bonheur d’une petite fille et les enfants reçoivent de nombreux petits cadeaux.
Nous avons eu un accueil très chaleureux et nous
garderons un excellent souvenir de cette fête familiale où tout le monde est
heureux d’être ensemble et profite du moment présent. Et nous en avons profité
nous aussi.
L’orage nous tombe dessus et nous regagnons Goris où
nous passerons une deuxième nuit.
Lundi 27 mai : 15 – 7 – 20 ° / 145 km – 6380 km
Demain est jour de fête nationale du coup aujourd’hui
c’est jour férié aussi. Et nous sommes en panne de « dram » - monnaie
arménienne - et bientôt de gasoil. Ce n’est pas une bonne idée de retirer de
l’argent au distributeur quand la banque est fermée mais nous n’avons pas le
choix – la carte est bien rendue. Sur les 2 pompes de Goris la première n’a
plus de carburant mais nous faisons le plein à la deuxième. Goris n’est pas une
ville folichonne mais le bon contact avec Armine et sa famille nous a fait
oublier la tristesse de ce lieu.
Direction Tatev avec son téléphérique le plus long du
monde : 5752 m. – 15 mn de trajet – 320 m. au-dessus de la vallée – iil
est inscrit au Guinness des records. Le parcours est impressionnant surtout
quand la cabine s’arrête et ça arrive plusieurs fois.
Arrivés au terminus nous visitons le monastère de
Tatev qui est toujours en cours de restauration. On peut y voir une meule à
huile énorme et un pressoir à huile.
On redescend avant l’orage que nous aurons plus tard
sur la route. Nous échapperons de peu à la grêle qui est bien restée dans les
fossés et même au milieu de la route.
Bivouac à Eghegnadzor sur la place de la ville.
Mardi 28 mai : 12 – 16 ° / 165 km – 6545 km
Excellent emplacement de bivouac pour une nuit très
calme malgré la pluie qui tombe encore ce matin.
Nous montons au monastère de Noravank à près de 2000
m. d’altitude – depuis le lac Sevan nous sommes restés entre 1500 et 2000 m.
d’altitude. Noravank est situé dans un cirque de montagnes. Le mausolée
comporte 3 niveaux et est orné de nombreuses sculptures.
Nous traversons une région de vignobles – nombreux
vendeurs au bord de la route qui vendent du vin dans des bouteilles de
coca-cola … Nous nous arrêtons dans une cave classique où nous gooûtons au vin
– vin classique mais aussi vin à la grenade, à la pèche, à l’abricot, à la
pomme, …
Le deuxième arrêt est pour le monastère de Khor Virap
qui s’élève sur un promontoire au milieu des vignes – dans ce monastère on
visite le puits dans lequel l’ «illuminateur » de l’Arménie passa 13
années. La Turquie est à deux pas et on aperçoit le sommet enneigé du mont
Ararat qui est dans la brume. Quelques kilomètres plus tôt, à Yerash, 4 pays
sont tout proches : l’Arménie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Iran.
Sur le bord des routes il y a souvent des tables et
des sièges en fer abrités par un parasol en fer également.
Arrivée à Erevan sous une petite pluie. On trouve un
bon endroit de bivouac près de la place de la République et on part faire un
tour en ville. C’est la fête nationale et nous allons assister à un spectacle
de danses traditionnelles. Les danseurs sont jeunes et dynamiques et on sent la
foule très heureuse de ce moment de partage.
Entre temps le soleil est revenu et la température est
plus douce.
Mercredi 29 mai : 17 – 23 ° / 0 km
Hier soir, à minuit : toc, toc, toc ! un
jeune couple vient nous signaler que cet endroit n’est pas sécurisé et qu’il
vaudrait mieux qu’on aille se garer dans leur cour. Nous les remercions
beaucoup et déclinons leur offre. On se sent bien ici – ils nous laissent leur
carte de visite et leur numéro de téléphone pour le cas où.
On marche beaucoup ce matin. Le marché central est en
chantier et on y va pour rien.
La mosquée bleue possède une belle coupole et des
mosaïques très colorées.
La ville est très animée et de nombreux immeubles sont
en cours de rénovation – présence de grands espaces verts, de jardins avec des
jets d’eau.
On souhaite partir vers 15 heures mais une grosse
bagnole, garée en plein milieu de la route, nous bloque le passage et le
chauffeur est introuvable. Il arrivera après 18 h. Il est trop tard pour partir
alors nous passerons la nuit à Erevan.
Et pour nous consoler nous décidons de nous offrir le
resto en terrasse de la rue du Nord, qui est la grande rue piétonnière du
centre-ville. Excellent repas dans cet excellent resto.
Jeudi 30 mai : 18 – 27 ° / 160 km – 6705 km
Notre première visite est pour le musée du génocide
(1915-1922 subi par les arméniens de l’Empire ottoman).
On doit retraverser Erevan pour aller au monastère
troglodytique de Kéghart – il possède une église extérieure par laquelle on
accède aux pièces rupestres et à la source réputée miraculeuse.
On retourne sur Garni et son temple – considéré comme
un joyau de l’époque hellénistique.
Nouvelle traversée de Erevan … pour visiter Etchmiadzine,
centre de pèlerinage depuis le V° siècle. C’est le siège du Catholicos qui est
le chef de l’église arménienne.
On va ensuite jusqu‘à Armavir – arrêt à une station
pour le plein de gasoil et d’eau. On demande au patron si on peut rester là
pour la nuit … et l’aventure commence – il nous fait entrer dans une cour
privée et nous invite à boire un café – on part donc en Mercédès et on passe
chez lui chercher son épouse, direction le centre-ville – on se retrouve au
resto, repas et vin arménien, glace, jus de fruits, et café. Par Skype on parle
à sa nièce qui habite Marseille. Ce charmant monsieur a de nombreuses
propriétés dans la ville – c’est un businessman. Retour à la station pour le
dessert - il a acheté des fruits en passant et invité le maire et le médecin de
l’hôpital. Il est lui-même député. Le médecin parle anglais, il a beaucoup
d’humour, et on arrive à communiquer. L’attitude cet homme et de son épouse à
notre égard est incroyable, leur accueil est très chaleureux alors que
nous sommes de parfaits étrangers. Moment mémorable qui se prolonge tard dans
la soirée.
Vendredi 31 mai : 18 – 22 ° / 150 km – 6855 km
Nous laissons quelques présents à notre hôte et à la
gardienne de notre « camping »
Ce matin encore notre première visite est pour un
mémorial, celui de Sardarapat, qui rappelle la résistance des Arméniens contre
les Turcs en 1918.
La route qui va à Talin est dans un état lamentable,
elle a perdu son revêtement à de nombreux endroits et les trous sont pleins
d’eau comme des mares à canards ! Et cela pendant 20 km de gymkhana à 10
km/h. Comme sur toutes les routes arméniennes il y a des ponts pour permettre
aux conducteurs de vidanger ou de réparer leur voiture.
On profite du beau temps pour faire une grande halte à
la mi-journée. Un berger nous demande de remplir sa bouteille d’eau, je lui
donne un pot de confiture maison.
On est monté à 2000 m. d’altitude et c’est un paysage
de montagne, d’abord très aride et minéral puis ensuite très vert et cultivé.
Descente jusqu’à Gyumri – grande ville arménienne qui
a beaucoup souffert du tremblement de terre de décembre 1988. Dans le parc des
jeux d’enfants semblent d’un autre âge.
On bivouaque sur la place de la Liberté qui est en
chantier – les goudronneuses tournent encore à 22 heures.