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IRAN du 1er avril au
19 avril

Mercredi 1er avril : 270 km – 4 687 km / parking TIR
Beau soleil ce matin au lever.
Au revoir la Turquie, bonjour l’Iran. La frontière est encombrée. Nous
devons quitter nos véhicules et passer le contrôle de police à pied.
Les minibus déchargent leurs passagers et c’est la cohue ! Nous
arrivons tout de suite au poste iranien. Les policiers sont souriants
et nous guident dans les bureaux pour faire tamponner nos passeports.
Ils nous demandent plusieurs fois si nous avons de l’alcool. Nous n’en
avons pas. Le contrôle du carnet de passage en douane est facilité par
un civil ( ?) qui accompagne Bernard dans cette démarche. Arrivés à la
barrière les policiers iraniens veulent visiter le CCar, ils sont
contents de leur visite et nous offre une poignée de graines de courge,
je leur donne des bonbons en échange. Les formalités ont duré 1 h.30 en
tout.
Côté iranien la route est en travaux et nous sautons dans les trous.
Puis elle devient bonne. Les villages ressemblent plus aux villages
marocains qu’aux villages turcs.
Notre bivouac ce soir est sur un parking TIR, très calme.

Jeudi 2 avril : 100 km – 4 787 km / TABRIZ
Notre premier plein de gasoil ce matin. Il est à 5000 rials soit 0.15 €
le litre ! le plaisir de passer à la pompe !
Les iraniens ont fêté la Journée de la République islamiste hier et
aujourd’hui c’est la fête de la nature et aussi le 13 dans leur
calendrier, jour néfaste, il ne faut pas rester à la maison, donc tous
les iraniens
vont pique-niquer à la campagne. Nous croisons des flots de voitures
qui sortent de Tabriz. Dans les champs et au bord de la route et
partout finalement, il y a des tentes installées, des iraniens autour
des feux qui préparent les barbecues.

Nous avons une bonne adresse à Tabriz, un parc où nous aurons eau,
électricité, wifi et même cuisine, douches, … Nous discutons un moment
avec un retraité français parti à pied depuis 2 ans – d’abord par la
Grande-Bretagne pour apprendre l’anglais, puis les pays baltes,
l’Europe et la Turquie – Il n’a pas d’itinéraire défini et va où ses
pas le mènent, belle rencontre. Les iraniens sont curieux de nous voir,
nous donnent des friandises, nous prennent en photo et nous souhaitent
la bienvenue. Espérons que demain, qui est un vendredi, ne sera pas
encore une journée « portes fermées ».
Vendredi 3 avril : TABRIZ
Journée à Tabriz – mais nous sommes vendredi et que va-t-on pouvoir
visiter ?
Tout d’abord l’office de tourisme (N 38.4.45 / E 046.17.32). Nous
sommes accueillis par Nasser qui parle français et nous donne des infos
sur Tabriz et aussi sur l’Iran. Il est heureux qu’un accord soit en
cours avec les USA et que la fin de l’embargo soit possible. Il trouve
que les femmes en Iran ressemblent à Zorro ! Il a beaucoup voyagé en
Europe et parle 8 langues.
Un peu d’animation dans les rues mais la mosquée Bleue est fermée ainsi
que la mosquée du Vendredi et de nombreuses échoppes dans le bazar. On
se contentera de profiter du temps très doux pour se balader dans les
rues. Les iraniens nous interpellent souvent avec de grands « Welcome
in Iran » et le téléphone est vite prêt à nous prendre en photo.


Samedi 4 avril : 70 km – 4 857 km / KANDOVAN
Nous reprenons un taxi ce matin pour aller au centre-ville. Il nous
dépose au bazar – qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il
est 10 h. et les boutiques ouvrent tout doucement. C’est un dédale de
ruelles aux voûtes en briques. Outre les nombreuses boutiques il y a
des mosquées, des caravansérails et des medersas (écoles coraniques).
Nous passons un grand moment à déambuler d’un passage à l’autre et
apprécions cette ambiance affairée mais calme.
Nous allons ensuite à la mosquée Bleue.


A l’extérieur, elle a perdu ses beaux parements de mosaïques et suite à
un tremblement de terre, elle a été presque totalement reconstruite.
Sur le portail, le porche et une partie de l’intérieur on peut encore
admirer de magnifiques mosaïques bleues et blanches selon la tradition,
mais aussi vert olive, jaune et brun ocre.
Nous dégustons les « kufteh » - spécialité de Tabriz et le tout aussi
délicieux « nuqa ».
Avant de quitter le parc, des iraniens demandent à visiter le Ccar.
Nous parlons un moment avec une jeune femme qui nous dit que les
iraniens aiment bien manger parce qu’ici il n’y a pas de club de jazz
pour se distraire. Nous échangeons de petits présents.
Nous prenons la route jusqu’à Kandovan qui sera notre étape. La falaise
est criblée d’habitations troglodytiques. Le village est à 2200 m., les
marches sont hautes et le souffle un peu court ! Dommage que de grandes
pancartes vert fluo soient placardées dans tous les sens pour signaler
les boutiques.

Dimanche 5 avril : 371 km – 5 228 km / TAKHT-E-SOLEYMAN
Beau soleil ce matin après la pluie et même un orage cette nuit.
La route descend dans les amandiers en fleurs et les noyers. C’est une
région d’arbres fruitiers. Nous faisons un crochet par Maraqeh. De
l’époque seldjoukide il reste 3 tours funéraires. Elles sont très
difficiles à trouver dans cette grande ville et nous nous contenterons
de voir la plus importante qui est situé dans un parc. Sur les briques,
quelques points d’émail, début de l’architecture polychrome.

A la pause de midi, nous avons la visite d’un belge. Il est le
propriétaire de la société derrière nous. Cette société exporte des
fruits secs en France et entre autres les pruneaux d’Agen ! Il a un
camping-car et nous propose de faire nos pleins et nos vides dans son
usine. Notre présence le conforte dans l’idée de venir lui aussi ici
avec son véhicule. Peu après son départ son contremaître nous apporte
un assortiment de sa production. Dommage que les apéros ne soient pas
possible en Iran !
La route n’est pas très bonne et c’est pourtant la route principale. Il
faut faire avec le « code de la route » iranien – c’est-à-dire que les
voitures doublent indifféremment à droite ou à gauche et que la
priorité est à géométrie variable ! On va s’habituer.
Un autre crochet pour aller à Takht-e-Soleyman. La légende situait le
lieu de naissance du dieu des zoroastriens ici, sur cet ancien volcan
dit le « trône de Salomon ». Le cratère est occupé par un lac d’une
profondeur insondable alimenté par une source. Les Sassanides élevèrent
un sanctuaire à cet endroit situé entre ciel et terre, pour un pouvoir
royal qui se proclamait d’essence divine.

Nous croisons des kurdes en sortant de ce site et ils se laissent
photographier avec plaisir.
Nous étions à Tabriz dans l’Azerbaïdjan iranien et nous arrivons dans
le Kurdistan. Les hommes portent les pantalons très larges et le
foulard noué sur la tête. Les femmes portent des robes très colorées
sous leur voile noir.

Lundi 6 avril : 233 km - 5 461 km / SANANDAJ
Ce matin nous profitons du beau temps pour monter sur la colline en
face du site. Nous avons une vue magnifique sur ce bel ensemble que
nous dominons.
A quelques kilomètres de là nous nous arrêtons au cratère et nous
prenons le sentier jusqu’au sommet. De là, le panorama est
spectaculaire.
Nous prolongeons la pause de midi et une famille d’une douzaine de
kurdes arrive. Ils se postent près du Ccar et dès que nous avons fini
de manger ils viennent taper à la porte. La visite du Ccar s’impose –
l’intérieur est même filmé jusque dans tous les recoins – visite sympa.

La route vers le sud suit les crêtes et nous avons des vues superbes
sur les sommets enneigés et sur les vallées en contrebas. De nombreux
conducteurs nous saluent cordialement.

Arrivés à Sanandaj nous devons traverser la ville. C’est l’heure de
pointe - véhicules et piétons rendent la conduite difficile. On trouve
un endroit pour se garer mais il n’est pas sûr que nous soyons
autorisés à rester là pour la nuit. Nous sommes à 80 km à vol d’oiseau
de la frontière irakienne.
Mardi 7 avril : 145 km – 5 606 km / TAQ-E-BOSTAN
Nous avons beaucoup parlementé hier soir. Nous étions sur un terrain
privé et nous avons eu plusieurs visiteurs qui nous ont autorisé à
rester là jusqu’au moment où ce n’était plus possible parce que nous
étions trop près de l’émetteur de la télé kurde ! Au bout des
discussions la police nous a autorisés à passer la nuit ici à cause de
l’heure tardive : 22 h.30.
La chance est avec nous ce matin, nous pouvons nous garer près du bazar
et du musée, mais elle nous abandonne pour le musée qui est fermé
aujourd’hui. La visite d’une très belle mosquée bicentenaire nous
consolera un peu.

Le bazar est très coloré, tissus avec des paillettes et des couleurs
vives et aussi toutes les denrées ou objets que l’on trouve dans tous
les bazars. Les trottoirs sont envahis de camelots.


Nous achetons une carte SIM iranienne – valable 1 an pour téléphoner en
Iran et pour 3 € environ. Ensuite nous avons fait valider notre
connexion 3G pour 6 € pour 1 mois. Nous voilà équipés, mais pour le
moment on reçoit beaucoup en « E » et très peu en « 3G ». A suivre …
Notre bivouac sera dans un parc à côté de Kermanshah – manèges et
brochettes ! Les Herviou et les Freneix nous rejoignent pour le
bivouac. Il fait nuit, Christiane fait une mauvaise chute et tombe sur
son avant-bras. Elle souffre beaucoup et Serge appelle l’assistance. La
prise en charge est rapide. L’hôpital diagnostique une fracture et elle
sera rapatriée jeudi pour être opérée en France. Serge va continuer la
route seul.
Mercredi 8 avril : TAQ-E-BOSTAN
Après les péripéties de la veille, nous reprenons nos visites. Nous
allons à Tekkiyeh Moavenol-Molk, sanctuaire qajar (1898) où avaient
lieu les cérémonies commémorant la passion de Hossein. Les murs sont
couverts de faïences peintes représentant le martyre de Hossein à
Karbala mais aussi des portraits royaux, des scènes religieuses, des
oiseaux, …


La visite est suivie d’un tour dans le bazar – très coloré et immense –
rencontre avec un jeune avocat amoureux de la France et qui lit nos
poètes et nos écrivains classiques – il est kurde et souhaite que la
paix soit obtenu par la parole et non par la violence.


Retour à Taq-e-Bostan où nous allons voir le monument sculpté dans La
roche, chef-d’oeuvre sassanide. Il représente des rois du 4ème siècle
en compagnie du dieu Ahura Mazda (dieu des zoroastriens).


Nous souhaitons un bon retour et un bon rétablissement à Christiane qui
nous quitte demain.
Petite info concernant le rial : devant la flambée de cette monnaie, le
gouvernement décide régulièrement d’arrêter sa cotation – il lutte en
même temps contre le marché parallèle.
Jeudi 9 avril : 243 km – 5 849 km / HAMADAN
En route pour d’autres visites : le temple d’Anahita à Kangavar que les
archéologues n’ont pas réussi à classifier exactement.

Nous évitons Bisotun qui, aux dires de Mazdak, est toujours en
restauration !
Arrivés à Hamadan en début d’après-midi nous allons à Ginbad-e-Alavian,
mausolée du XII°, fleuron de l’art seldjoukide – un peu décevant …
puis au mausolée d’Esther et de Mardochée, qui est autant vénéré par
les juifs que par les musulmans. Là, un charmant vieux monsieur nous
guide pour la visite. Sur les murs une phrase est écrite en araméen
(langue du Christ). Notre guide nous indique que des familles juives
vivent en Iran et peuvent exercer librement leur culte.
Pour les explications et commentaires sur les sites je vous laisse
consulter un guide touristique plus compétent que moi.
Nous tournons un moment dans la ville et venons bivouaquer vers
l’institut de technologie et le parc.
Vendredi 10 avril : 28 km – 5 877 km / HAMADAN
Lever tranquille, nous restons à Hamadan aujourd’hui.

Visite du mausolée d’Avicenne – né en 980 à Boukhara – il fut l’un des
savants les plus influents et les plus critiqués de son époque. Il a
écrit de nombreux ouvrages sur la métaphysique, la mécanique,
l’acoustique, l’astronomie, … En Europe il est connu pour son « Canon
de la Médecine » - oeuvre encyclopédique qui est la somme des
connaissances médicales islamiques de l’époque.
De là nous allons à Ganjnâmeh, à une douzaine de km de la ville, lieu
où les iraniens sont très nombreux aujourd’hui vendredi, pour
pique-niquer. Ils ont installé quelques tentes, sinon ils sont assis en
rond sur des nattes et font cuire des brochettes – un bon moment de
détente en famille. Nous déjeunons installés sur des coussins et pour
nous aussi c’est parti pour une belle brochette de poulet et une
assiette de riz ! comme hier et les jours d’avant - il faudra s’y
faire, mais pour le moment c’est bien bon !

Au fond du vallon, sur la falaise sont gravées 2 inscriptions
achéménides : une de Darius 1er et l’autre de son fils. Elles sont
écrites en 3 langues : vieux perse, néo-élamite et néo-babylonien.
Nous choisissons un parking d’hôtel ce soir pour avoir une connexion
internet – qui est toujours aussi aléatoire …
Samedi 11 avril : 262 km – 6 139 km / KHORAM ABAD
Petit déjeuner 4* ce matin – compris dans le parking avec l’électricité
et l’eau – pour 1 000 000 de rials !
Il a plu une cette nuit et ce matin il pleut encore. La pluie parfois
violente nous accompagnera jusqu’à Khoram Abad. Les paysages ont
changé, la campagne est très verte, mais toujours aussi peu
d’habitations et de villages. Nous commençons à voir des nomades avec
leurs troupeaux de moutons. Ils ont installé leurs tentes et parfois
les moutons sont parqués dans des enclos ronds. Je voudrai m’arrêter
pour essayer d’avoir un contact avec eux mais aujourd’hui ce ne sera
pas possible.
Petit parking près de la forteresse de Khoram Abad mais nous ne
resterons pas là pour la nuit. Visite de la forteresse et surtout de
son musée qui est très bien agencé et très plaisant à visiter – beau
musée ethnographique et une collection exceptionnelle de bronzes du
Loristan (entre le XII° et le VII° s. av. J-C).

Les rues de la ville sont très animées et nous nous y promenons un
moment. Toujours des iraniens et des iraniennes pour nous adresser des
signes amicaux ou nous parler un petit moment.
Nous passerons la nuit près du lac à la sortie de la ville. Très bon
emplacement.
Une info : quand nous faisons le plein de diesel, le prix au litre
s’affiche à 2500 rials, soit 0.075 €,mais le prix total est multiplié
par 2 parce que nous ne sommes pas des camions.
Dimanche 12 avril : 335 km – 6 474 km / SHUSHTAR
Ce matin nous empruntons une autoroute, à notre grande surprise ! Nous
changeons de paysage une fois encore et ce sont des collines puis des
cultures verdoyantes. Quelques bergers et leurs troupeaux, mais la
transhumance n’a pas encore commencé vraiment.


Dans les villes les ronds-points sont bien fleuris et décorés ainsi que
les talus le long des routes.
Première visite à Dezful où subsistent quelques arches d’un pont datant
du III° s.
A Shush le château fort a été bâti par un français pour protéger la
mission française des maraudeurs. Un site antique de 3900 av. J-C le
jouxte. Le mausolée de Daniel est coiffé d’un toit en pain de sucre.
Daniel est très vénéré par les musulmans.


Choqa Zambil possède la ziggourat la mieux conservée de l’Orient
ancien. Les ziggourats dont la plus célèbre fut la tour de Babel
devaient permettre la communication entre les hommes et les dieux.

Des portails en fer ferment ces petites routes qui vont d’un site à
l’autre. C’est très étrange. L’Irak à 50 km à vol d’oiseau en est
peut-être la cause ?
Les tombes des cimetières iraniens sont souvent entourées de grilles et
très décorées, parfois de façon surprenante. Le muezzin est très
discret pour un pays gouverné par un état islamiste.
Notre bivouac est dans un parc au bord de la rivière à Shushtar que
nous visiterons demain.
Nous sommes arrivés assez tôt pour laver les p’tites culottes et faire
un peu de ménage. Tout est calme.
Lundi 13 avril : 365 km – 6 839 km / BEHBAHAN
Le calme n’a pas duré !
A partir de 20 h. nous avons eu droit au ballet des mobylettes sur un
air de pot d’échappement en folie. Nous avons changé 4 fois
d’emplacement sur le parking pour être au calme (narguilés et
pétarades).
Toc, toc, toc, un loueur de bateau que nous aurions appelé … toc, toc,
toc, des jeunes qui s’amusent … toc, toc, toc, minuit et demi, c’est la
police ! Il ne faut pas rester là, problème de sécurité.
Connaissons-nous les 2 Ccar qui sont garés plus loin ? Ce sont nos
copains que nous avions « perdu » depuis quelques jours. Il faut les
réveiller et leur dire de ne pas rester là. C’est un civil qui dirige
la manoeuvre – il y a 1 policier en tenue et 6 gars en civil. Ils nous
escortent jusqu’à un parking près d’un parc de loisirs.
La nuit se passe au calme.
Ce matin visite de Shushtar. En premier, le pont-barrage Band-e Mizan,
spectaculaire et bâti par des soldats romains, captifs après la défaite
de l’empereur Valérien.

Mais le plus spectaculaire est en aval, à l’endroit où le fleuve est
domestiqué et où il s’engouffre dans un entrelac de grottes et de
moulins à froment. C’est extraordinaire de voir l’eau canalisée ainsi
malgré la force du courant.


La route aurait dû être facile ! Une première fois le GPS nous envoie
sur une route en cours de réfection. Du goudron quasiment liquide sert
de revêtement et le Ccar en a jusqu’en haut de la carrosserie, la cata !
Des iraniens très sympa, comme toujours, nous mettent sur la bonne
route. En tant que français nous sommes toujours bien accueillis dans
la plupart des pays dans le monde. Des km plus loin, le GPS nous envoie
sur une route qui se termine par une chaîne en travers : c’est une
route militaire mais c’est quand même la route la plus courte jusqu’à
Behbahan, notre prochaine étape. On fait encore demi-tour, on se
rallonge d’environ 60 km et les panneaux sont écrits seulement en
caractères arabes.
Après la traversée d’une région pétrolifère et gazière pendant des km
avec des nuages de fumée échappés des torchères, nous voilà dans un
paysage très minéral de petites collines pelées et de falaises
abruptes. Quelques troupeaux de chèvres et de moutons.


Arrivés à Behbahan, nous trouvons un laveur de voitures et ils seront 5
employés affairés pendant plus d’une heure à nous rendre le Ccar dans
sa blancheur d’origine. Notre bivouac sera devant un hôtel où un
ingénieur qui travaille dans la boîte à côté nous emmènera. Serons-nous
au calme ?
Mardi 14 avril : 220 km – 7 059 km / BISHAPUR
Soirée et nuit très calmes.
Nous descendons toujours au sud, mais aujourd’hui pas d’erreur de route.
Quelques arrêts pour le ravitaillement, au bord de la route où se
trouvent toujours des marchands de légumes : tomates, concombres,
carottes, pommes de terre (en pleine récolte), oignons et des marchands
de fruits : pommes, oranges, pastèques, … ou dans des petites boutiques.
Après le repas de midi nous arrivons à Bishapur, par une piste qui
traverse le lit de la rivière et met à mal nos véhicules – le GPS a
encore frappé ! on cherchera une autre route pour le retour.
Une aire de stationnement très agréable nous accueille. Elle est la
propriété d’un tailleur de pierre qui est heureux de nous faire
découvrir son travail. Une bouffée d’air pur et de tranquillité très
appréciée. Nous profitons d’être ensemble pour finaliser notre circuit
jusqu’à Ispahan afin de réserver notre guide Mazdak pour les sites
importants.
Mercredi 15 avril : 13 km – 7 072 km / BISHAPUR
Ce matin nous montons à la grotte de Mudan par un sentier à flanc de
falaise et des séries d’escaliers. Le dénivelé est de 370 m. que nous
parcourons en 1 h.15 environ. Une colossale statue de Shapur 1er ,
d’une hauteur de 8 m., a été sculptée dans une stalactite à l’entrée de
la grotte. Le gardien nous accompagne pour une longue visite de cette
grotte immense et éclaire les concrétions remarquables avec sa lampe.

La descente est plus facile et nous attendons que la chaleur soit moins
forte pour continuer nos visites.
Des reliefs gravés à l’époque des rois sassanides se trouvent de part
et d’autre de la rivière. Ils sont au nombre de 6 et glorifient la
royauté. Ils sont très bien conservés et majestueux. C’est l’occasion
de rencontrer de jeunes iraniens qui visitent leur pays et sont
toujours heureux de parler avec nous.

Nous retournons à notre bivouac tranquille avant de retrouver la ville
dès demain.

Jeudi 16 avril : 141 km – 7 213 km / SHIRAZ
Mise en route cool. Nous quittons notre tailleur de pierres et prenons
la direction de Shiraz. Nous croisons des troupeaux sur la route et
c’est l’occasion de faire de belles photos de femmes des tribus
Qashqa’is sur leurs ânes !

La route monte jusqu’à 2200 m. et nous nous traînons derrière des
camions en traversant cette région montagneuse.
Arrivée à Shiraz et au parc Azadi où nous stationnerons. C’est jeudi et
les iraniens viennent passer la journée et la soirée au parc. Ils sont
encore nombreux à visiter le Ccar, prendre des photos et se faire
prendre en photo.


Nous passons la fin d’après-midi au bazar, un lieu toujours très animé
où nous croisons quelques groupes de touristes allemands. Nous n’avons
croisé qu’un seul groupe de touristes français depuis notre arrivée en
Iran. Retour au parc Azadi encore très animé.
Vendredi 17 avril : SHIRAZ
Nous retrouvons Mazdak avec un grand plaisir, plaisir partagé. Nous
l’avions eu comme guide en 2009 lors d’un voyage avion.
Nous traversons le jardin botanique Eram où se trouve un pavillon du
XIX° s. richement habillé de faïences.
Le mur d’enceinte de la forteresse de Karim Khan possède de grosses
tours cylindriques – l’une d’elle s’est enfoncée dans le sol, minée par
les infiltrations d’eau du hammam présent à cet endroit.
Le mausolée de Shah-e-Cheraq renferme la dépouille du fils du 7ème imam
– les salles sont recouvertes d’éclats de miroirs.

La medersa Khan, école coranique, possède un revêtement d’émail orné de
guirlandes de fleurs et d’oiseaux. La mosquée Nassir ol-Molk est
surmontée de 2 tourelles et non de minarets. L’intérieur est
magnifiquement décoré, de compositions florales et de paysages
européens.

La maison de Nassir ol-Molk est ornée de miroirs, stucs, plafonds en
bois peints, et les portes en marquèterie sont très belles.

Nous terminons cette journée bien remplie par le tombeau de Hafez qui
est né à Shiraz. Ce poète est très vénéré. Des jeunes et des moins
jeunes viennent lire des poèmes sur sa tombe dans une atmosphère de
recueillement.

Nous rentrons « chez nous » heureux de cette journée de visite.
Samedi 18 avril : 282 km – 7 495 km / SHIRAZ
Grande journée culturelle.
Tout d’abord, la perle : Persépolis, capitale d’apparat de l’empire
perse et de Darius 1er (522-486 av. JC). La construction de cet
ensemble se poursuivit avec ses successeurs. Malheureusement Alexandre
le Grand incendia cette capitale. La porte des Nations gardée par des
taureaux donne accès à la terrasse. De la salle d’audience ou apadana
subsiste les escaliers monumentaux où 23 délégations représentant les
nations soumises (arabes, indiens, égyptiens, assyriens, babyloniens,
arméniens, mèdes, etc …) convergent vers l’effigie royale. Chaque
peuple apporte un présent au souverain. De la vaste salle du trône
subsiste les bases des Cent Colonnes et des portes qui montrent
l’effigie royale.


La visite se termine par une grimpette aux tombes rupestres d’où l’on
domine le site.
A Naqsh-e Rostam les rois achéménides firent creuser leurs nécropoles
au nombre de quatre. Elles sont cruciformes et à 22 m. du sol. Ce qui
n’a pas empêché leur pillage. De nombreux bas-reliefs ornent la paroi.
En face de la falaise une tour carrée ou Kaaba des zoroastriens se
dresse.

Pasagardes est un grand espace qui tenait plus d’un jardin que d’une
capitale. Ce fut l’oeuvre de Cyrus le Grand (559-530 av. JC). Son
mausolée est le monument le plus prestigieux du site. De la citadelle,
surnommée « le trône de la mère de Salomon » ne subsiste qu’une
terrasse. Elle est soutenue par de puissants blocs de pierre.

Retour à notre parc à Shiraz pour le bivouac. Après l’effervescence du
jeudi et du vendredi, l’endroit a retrouvé son calme. Des iraniens, sur
un tapis et enroulés dans des couvertures, dorment entre les voitures,
d’autres ont monté une tente.
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