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TURQUIE - FRANCE du 21 mai au 4 juin

Jeudi 21 mai : 456 km – 14 294 km / SEVEREK
Après un bon p’tit déj. au resto, nous prenons la route qui longe le
lac. Nous avions pris cette route il y a 2 ans en rentrant de la
Géorgie et de l’Arménie et nous avions envie de la prendre à nouveau.


Nous avons la chance de croiser 2 groupes de nomades kurdes avec leurs
ânes chargés de leurs biens. Les femmes portent des vêtements de
couleurs très vives. Plus tard nous croiserons les troupeaux de moutons
et de chèvres menés par les hommes.


La route est ensuite assez monotone. Nous traversons un plateau avec
des champs cultivés à perte de vue. La chaleur devient pénible, il fait
36°.
A l’entrée de Diyarbakir des potiers fabriquent sur place de grands
fours ronds qui serviront à faire cuire le pain – le tandoori en Inde.

Cette ville est à 150 km de la Syrie et il y a de nombreux contrôles de
la Jendarma. Les gendarmeries sont fermées, barricadées et gardées.
Mais on ne va pas se trouver nez à nez avec un terroriste qui va nous
enlever ! Une semaine plus tard, en fin de campagne électorale une
bombe explosera faisant plusieurs morts dans cette ville.
Bivouac à Siverek près d’une station-service et d’une salle des fêtes.
Aujourd’hui il y a un mariage et l’endroit est bruyant, mais les
festivités doivent s’arrêter à 22 heures …
Vendredi 22 mai : 104 km – 14 398 km / NEMRUT DAGI
La journée commence par une invitation à partager le petit déjeuner de
kurdes, population très importante dans cette région de la Turquie. Ils
sont reconnaissables à leur large pantalon et à leur foulard noué sur
la tête.

Encore des bergers dans cette région et un très grand nombre de ruches.

Nous sommes très déçus de la disparition du ferryboat qui a été
remplacé par un superbe pont. Mais c’est plus confortable pour la
population.

On monte au Nemrut Dagi pour aller voir le monument funéraire
d’Antiochus Ier et là c’est toujours bien. C’est un tumulus de pierres
concassées qui comportait 3 terrasses dont 2 étaient ornées de statues
colossales dont les têtes ont basculé à terre. Spectacle impressionnant.


Petite déception : il souffle un vent à emporter le Ccar et l’orage
menace, le petit resto qui proposait pas grand-chose n’existe plus,
alors on va passer la nuit dans le village plus bas.
Samedi 23 mai : 342 km – 14 740 km / DARENDE
Nuit un peu perturbée. On était dans la cour d’une gargote bien sympa.
Bernard a entendu de l’agitation, il s’est levé et a vu plein de gars
autour du Ccar qui buvaient du thé, du café, qui pissaient, qui se
lavaient … Bizarre !
Ce matin on en parle au patron et il nous confirme qu’il y avait 70
gars à 3 h.30 et qu’ils allaient au Nemrut Dagi ! mais bien sûr ! le
Nemrut est à 20 mn en minibus, il faut encore 20 mn pour arriver sur le
site par un bel escalier en pierre … alors pourquoi faire cette visite
de nuit et un groupe aussi important ? Bizarre, bizarre !
On prend une petite route de montagne pour aller visiter le pont
Cendere, construit vers l’an 200 par la légion romaine. Un groupe de
jeunes gens et quelques jeunes filles pataugent dans la rivière.

On rejoint ensuite une belle route et on avale les kilomètres. Nous
sommes venus en 2011 et en 2013 et chaque fois les routes étaient en
construction ou en rénovation alors maintenant les routes turques sont
très bonnes.
Journée étape qui se termine au parking d’ l’hôtel Tyriandafil à
Gerende.
Dimanche 24 mai : 341 km – 15 081 km / AVANOS
Encore une journée étape. Je reprends le volant après la coupure de
l’Iran – conduite trop fantaisiste !
La route est toujours très bonne et nous arrivons en Cappadoce en début
d’après-midi. Il fait très chaud : 32° et nous passons un grand moment
dans la campagne à l’ombre.
On a beaucoup de plaisir à retourner voir les sites principaux.



Le temps est à l’orage et le vent se lève. Les boutiques sur les
hauteurs sont vite fermées.
On va bivouaquer sur la place d’Avanos.
Lundi 25 mai : 412 km – 15 493 km / POLATLI
Après une bonne nuit sur ce parking, nous allons faire un tour dans
Avanos. Les commerçants commencent à ouvrir leur boutique et à
installer leur étal. C’est le moment calme de la journée, un moment de
trêve entre le touriste et le commerçant.
Arrêt au garage Fiat qui nous avait changé le radiateur il y a 4 ans
maintenant. Le voyant du tableau de bord s’est allumé depuis quelques
jours et on veut avoir son avis … il fait une mise à zéro et voilà …
jusqu’à la prochaine ! Mais Bernard a peut-être le début de la réponse
dans un échange de commentaires de conducteurs Fiat qui ont eu le même
problème.
Puis encore des kilomètres et arrêt sur le parking d’un resto. Très bon
accueil, le cuistot a un oncle en France et parle un peu anglais. Il ne
nous lâche plus.
Petite info : des minibus avec de grandes affiches de candidats
sillonnent villes et campagnes, des meetings sont organisées jusque
dans les villages, les turcs sont sans doute en période électorale. On
devrait le savoir mais depuis mi-mars nous n'avons pas trop suivi les
infos, faute de bonne connexion en Iran, et maintenant on a perdu le
fil ! mais on apprendra que ce sont les législatives et que le parti
kurde aura des sièges à l'assemblée.
Mardi 26 mai : 336 km 15 829 km / BURSA
Un peu de pluie cette nuit mais tout va bien.
Journée étape et nous arrivons à Bursa vers 13 h. sur le parking gardé
en plein centre-ville. Nous y étions il y a 2 ans. Nous partons tout de
suite en quête d’un resto. Un grand changement nous saute aux yeux :
ici les filles et les femmes sont habillées à l’européenne, elles ont
des t-shirts décolletés et sans manches, elles sont blondes décolorées,
elles fument dans la rue, on n’avait pas vu autant de décontraction
depuis 2 mois. Il y en a bien sûr qui sont bien empaquetées mais ce
n’est pas la majorité.
Grand tour dans le bazar, c’est ici que l’on trouve les plus anciens
caravansérails ou « han ».. Les fruits, les légumes et les légumes secs
sont magnifiques. Le quartier est très animé et nous allons où nos pas
nous mènent. Visite de la grande mosquée ou Ulu Camii.


Il fait très chaud – 34° - mais la température baisse en fin de journée.
Etape très agréable.
Mercredi 27 mai : 336 km – 16 165 km / TROIA
Ce matin il pleut et la température a chuté. On aura de la pluie toute
la journée.
On suit la mer de Marmara et on s’arrête pour midi à Erdek, petite
ville de bord de mer sur une presqu’île. Bon resto avec la « pide »
spécialité turque : entre la pizza et la tartine. Ici on peut boire de
la bière. L’alcool ne nous a pas du tout manqué mais même en Turquie il
est difficile d’en acheter, tous les magasins n’en n’ont pas.
On descend ensuite jusqu’à Troie. Ce site a une histoire de plus de
4000 ans et confirme le lien entre l’Anatolie et la Grèce. Il est
classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Et il y a bien sûr le cheval de Troie ! de la guerre de Troie, de
l'épopée homérique de l'Iliade qui met en scène les dieux et les héros
grecs et troyens.


Nous passerons la nuit au camping sur place.
Jeudi 28 mai : 303 km – 16 468 km / LAGOS
Nuit très calme.
Nous traversons les Dardanelles en ferry, environ 30 mn de traversée.

Quelques achats avant de quitter la Turquie et pour finir de dépenser
nos livres turques.
Vers midi nous sommes à la frontière. Il y a une quantité
impressionnante de camions qui attendent – j’en compte 250 et je
m’arrête de compter ! Heureusement que nous avons une file différente.
Les formalités sont expédiées en 25 mn et vraiment expédiées côté grec.
On fait une bonne halte pour le repas et on arrive vers 17 h. dans un
petit port de pêche où nous bivouaquerons. Malheureusement aujourd’hui
nous avons de la pluie.
Vendredi 29 mai : 568 km – 17 038 km / IGOUMENITSA
Les français étaient nombreux hier sur ce petit port de pêche. Il y
avait un autre Ccar et un bateau de plaisance. La pluie n’a pas permis
de longues discussions.
Ce matin le temps s’est amélioré mais il ne fait pas chaud.
Journée étape par l’autoroute. Nous sommes 2 chauffeurs maintenant et
nous allons jusqu’à igoumenitsa.
Nous avons une place sur le ferry qui part à 23 h. et ce sera en open
deck. Nous allons tester cette formule.
Nous avons le temps de faire un tour dans la ville. Peu de choses à
voir à part des bars et des banques !


Samedi 30 mai : 155 km – 17 191 km / RAVENNE
Bonne nuit sur le ferry. Au départ la mer était un peu agitée et
l’équipage a chaîné des camions, puis ce fut une mer d’huile.
C’est bien pour nous de rester dans le camion en open deck. On a tout
sur place et pas besoin de faire un sac pour dormir dans une cabine.
On passe un bon moment avec nos 2 voisins de nuit, un couple de Savoie
et un couple de la Loire. Ces derniers habitent tout près de François,
notre webmestre. Ils vont peut-être adhérer à notre association. Ce
seraient de bonnes recrues tout comme nous avons eu de bonnes recrues
avec les très cordiaux toulousains rencontrés notre dernier jour en
Iran et que nous avons quitté avec une adhésion validée. On ne fait pas
de prosélytisme, nous sommes assez nombreux mais si le courant passe
c’est une bonne façon d’agrandir le cercle.
Arrivée à Ancône sous un beau soleil.
On prend la route pour s’arrêter quelques km avant Ravenne. Nous sommes
à côté du monastère St Apollinaire et l’endroit est très calme.
Dimanche 31 mai : 248 km – 17 439 km / VENISE
Nous avions visité ce monastère il y a 2 ans de retour d’Arménie, mais
nous avons le plaisir d’y retourner. Les mosaïques du coeur sont
splendides.


Nous traversons Ravenne, c’est dimanche et il y de nombreuses
manifestations religieuses alors il nous est impossible de nous garer
près du centre-ville, trop de monde. Ici aussi nous aurions refait les
visites avec plaisir mais on ne peut pas tout faire et notre but est
Venise.
Arrêt à midi à Chioggia, ville qui méritera un arrêt plus long une
autre fois.
Nous sommes infidèles à notre camping Rialto et allons tester le
camping en face du Lido que François a recommandé. Il nécessite un
allongement de 60 km mais nous saurons demain si c’est un meilleur plan.
Lundi 1er juin : VENISE
Aujourd’hui visite de Venise où nous allons avec le vaporetto.
Nous connaissons déjà bien cette ville où nous nous arrêtons chaque
fois que notre voyage nous fait passer par l’Italie.
Nous déambulons dans les petites rues autour de la place Saint Marc,
puis du Rialto et jusqu’à la gare ferroviaire. Nous découvrons de
nouvelles ruelles, de nouveaux ponts et c’est toujours un grand plaisir
d’être ici.
Le trajet en vaporetto est très agréable et délassant après une bonne
journée de marche en ville.




Mardi 2 juin : VENISE
Journée consacrée aux îles.
Tout d’abord Murano qui est la ville des souffleurs de verre. Les
boutiques et les ateliers se succèdent tout au long des rues. L’air
embaume le jasmin qui orne les façades et les murettes.


Puis arrêt à Torcello, la plus petite et la moins peuplée. On suit le
canal jusqu’à l’église, la cathédrale et le campanile. Les volets des
fenêtres de la cathédrale sont en pierre !

En dernier l’île de Burano avec ses dentellières (dentelle à
l’aiguille), ses canaux bordés de maisons vivement colorées.



Mercredi 3 juin : 536 km – 17 975 km / SUSA
Journée étape.
Autoroute de Venise à Milan. Des camions, des camions et encore des
camions !
Pause après Milan puis nous laissons l’autoroute pour une nationale
plus tranquille.
Aire de Susa pour notre dernière étape. Suivant le rituel : petit tour
en ville jusqu’à la porte Savoie et la cathédrale – dernière glace
italienne, un vrai délice – quelques achats typiques !

Jeudi 4 juin : 452 – 18427 / VEYRE-MONTON
Nous sommes prêts de bonne heure (9 h…) et nous prenons une fois de
plus cette route qui passe par le col et le lac du Montcenis. Ce petit
bout des Alpes nous donne envie de revenir vers ces montagnes que nous
avons toujours aimé et où nous avons beaucoup marché.


Après Modane nous prenons l’autoroute et en fin d’après-midi nous
arrivons en Auvergne, chez nous.
Quelques réflexions après ce
magnifique voyage :
les plus :
- l’accueil est très chaleureux
: welcome, d’où venez-vous ?, invitations nombreuses
- les routes sont en très bon
état – quasiment 2 fois 2 voies tout le temps
- peu de contrôle policier – la
curiosité les motive souvent
- gasoil très bon marché : 7 cts
pour les camions, 14 cts pour nous
- passage péage gratuit pour
nous … nous avons distribué beaucoup de cartes postales de Paris
les moins :
- conduite très particulière :
démarrage sans visibilité, arrêt intempestif, marche arrière sauvage, …
- prolifération des dos d’âne
dans les villes et à la campagne
- connections internet
difficiles – messages reçus mais accès aux sites ou aux blogs très
aléatoire
- obligation de porter le
foulard – on s’y habitue mais il y a toujours une main occupée à le
tenir ou à le remettre en place.
l
es spécificités iraniennes :
- photos des martyrs dans toutes
les villes – que vont-elles devenir avec le temps ?
- appel à la prière discret –
minarets qui ressemblent plutôt à des phares !
- drapeaux iraniens fréquents –
sur les ponts, les monuments, …
- les iraniens sont les rois du
pique-nique surtout le jeudi soir – attention au bruit ce soir-là
Mais cette liste n’est pas exhaustive.
Nos remerciements à Armelle et Christian Blot qui ont incité les
adhérents de CCRSM (Camping-Car sur les Routes de la Soie et du Monde)
à partir en solo et qui nous ont donné des point GPS de bivouac très
utiles.
Nos remerciements à Brigitte et
Jacques Garoche, leur récit Iran 2013 a été notre guide et notre livre
de chevet.
Résumé de notre ressenti : le temps a passé trop vite …
Si vous avez lu mon récit jusqu’au bout, vous avez droit à une
récompense : à votre demande, je vous enverrai nos points GPS de
bivouac.
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