Vendredi 15 avril : frontière KAZAKHSTAN -
OUZBEKISTAN :
494 km – 5611 km
Après une nuit tranquille nous
reprenons la route. Elle est en très bon état et nous avançons bien.
Paysage de
steppe désertique très monotone.
Arrêt à Beyneu pour faire le dernier
plein de gasoil dans ce pays et le plein d’eau.
La route jusqu’à la frontière est
dans un état déplorable : comme celle d’hier avec en plus de la
tôle
ondulée. Résultat, nous mettons 3 h. pour faire 80 km.
A la frontière nous sommes pris en
charge par un jeune policier qui nous explique qu’il est trop tard pour
passer
(19 h.). Il nous accompagne pour nous faire garer dans la file
d’attente pour
demain. Il a l’air très jeune et il nous chouchoute.
Plein d’animation sur ce parking,
petits vendeurs, changeurs de monnaie et on ne sait pas trop ce que
font tous
les autres. Les camions avancent au compte-goutte.
La nuit ne s'annonce pas très calme.
Samedi 16 avril : avant QONGHIRAT : 296 km – 5907 km
Et la nuit n’a pas été calme !
A 11 h.30, on venait juste de se
coucher quand notre jeune policier est venu taper au camion, il faut
avancer,
la frontière est ouverte ! On s’habille vite fait et hop !
La sortie du Kazakhstan se fait
rapidement et sans trop de tracasseries, mais pour l’entrée en
Ouzbékistan ce
n’est pas la même chose.
On attend près de 2 h. avant les
contrôles ouzbèques : passeport, tampons, fiches à remplir, puis
encore
passeport … le même policier a vérifié le mien 3 fois. Bernard passe
avec le
Ccar et moi je passe à pied et je l’attends.
Le camion est fouillé par 3
douaniers qui ouvrent tout, les tiroirs, les placards, les livres, les
tablettes, la soute, … et posent plein de questions.
On sort de là à 3 h.30 et on se gare
au pif à la sortie.
Et pour bien finir la journée, il
pleut !
Et ce matin nous voilà dans la
gadoue et une file ininterrompue de camions longe la route des 2 côtés.
Pas de panique, d’abord un bon p’tit
déj., un change d’euros en soums et les glissades pour sortir de ce
bourbier.
Bernard sort la pelle et après plusieurs tentatives nous nous
retrouvons sur la
route. Ouf !
Cette route est plein de trous, de
bosses, …
On s’arrête pour voir un
« camping-car » local arrêté près d’un troupeau de chameaux.
Les jeunes chameaux sont transportés
dans la remorque.
On s’arrête sur un parking camions
et des chauffeurs russes siphonnent leur réservoir et nous vendent 40
l. de
diesel pour 20 €. Ils nous trouvent « crazy turists » pour
venir dans
ces pays. Un chauffeur tadjik nous dit que dans son pays une partie de
la route
est en bon état. A suivre !
Il a plu cette nuit encore et le
temps est très gris ce matin.
On reprend la route pour Moynaq et
le cimetière de bateaux.
Une famille d’ouzbèques entassée à 8
dans une voiture tape au camion pour nous proposer une séance photos.
On ne se
comprend pas mais c’est très rigolo et j’ai la côte avec le pépé
ouzbèque !
Il semblerait que la mer remonte.
Cette info est confirmée au musée de Moynaq que nous visitons de
retour. Le
gardien de ce musée prend son vélo pour aller chercher les clés et nous
ouvrir
l’unique salle d’exposition. C’est une impression bizarre que de voir
la mer où
se trouvent maintenant du sable et des buissons.
Nous avons droit à une vidéo
vieillotte qui montre les conserveries de poissons à l’âge d’or de la
pêche
dans la mer d ‘Aral, puis la disparition de la mer et le remplacement
de la
pêche par la culture intensive du coton.
Route jusqu’à Nukus et bivouac
devant l’hôtel Jipek Joli où nous aurons le wifi et l’enregistrement
(obligatoire tous les 3 jours).
Nous avons l’aide d’un guide
touristique français pour demander du gasoil et c’est le chauffeur de
son bus
qui va nous en vendre 40 l. pour 24 €
Lundi
18 avril : NUKUS
Très mauvais temps aujourd’hui, il
pleut, il fait froid et il y a du vent.
La matinée est consacrée au musée
Savitsky du nom de cet artiste et scientifique, père du musée, qui a
passé sa
vie à collectionner près de 90 000 articles : peintures de
l’avant-garde russe et ouzbèque - objets de l’art populaire du
Karakalpakstan
(région de Nukus) - découvertes archéologiques.
Les bâtiments du musée sont immenses
et c’est incroyable de trouver toute cette richesse culturelle au
milieu de
nulle part.
Choses surprenantes : un
tableau intitulé : « Peasants of Auvergne » et une copie
de la
Vierge en Majesté de l’église de Saint-Nectaire.
Nous passons une bonne partie de
l’après-midi bien au chaud dans les salons de l’hôtel.
Mardi
19 avril : réserve de
BADAÏ-TUGAÏ : 150 km – 6452 km
Beau soleil ce matin.
Nous allons au bazar. Il est immense
et l’ambiance est très agréable.
Un taxi nous pose devant la
compagnie Beeline pour l’achat d’une carte SIM et d’un abonnement
3G :
1.50 € la carte et 4.50 € l’abonnement, pour … un certain
temps !
Nous quittons Nukus pour aller à
Mizdakhan où ne restent de la cité que des tombeaux et des mosquées
dont
certains ont été restaurés.
On reprend la route pour aller à
Chilpik où se dresse une tour du silence (tour funéraire des
zoroastriens) mais
la piste est peu engageante, elle est détrempée.
On s’arrête pour la nuit à la
réserve de biosphère de Badaï-Tugaï, près de la maison du gardien. Il
vit là
avec son épouse et deux jeunes enfants avec un « confort »
plus que
sommaire.
Mercredi
20 avril :
AYAZ-QALA : 145 km – 6597 km
Après une bonne nuit très calme nous
reprenons la route.
Tout d’abord nous traversons encore
la steppe désertique puis petit à petit le paysage est plus
verdoyant :
plantations d’arbres fruitiers et de nombreuses cultures. La région est
également plus peuplée.
En milieu de journée nous arrivons
aux forteresses d’Ayaz-Qala et nous nous posons au camp des yourtes.
Cet
endroit est magnifique avec vue sur une des forteresses et une grande
tranquillité.
Nous partageons le repas du soir
avec un groupe de jeunes touristes français. Une occasion de passer un
moment
très convivial.
Jeudi
21 avril : AYAZ-QALA
Cette région est aussi appelée
l’ « Anneau d’or » des antiques forteresses ou
« qalas ».
Nous allons de l’une à l’autre et grimpons beaucoup.
Une des routes se termine par une
piste chaotique et nous avançons sur un petit pont quand Bernard pris
d’un
doute, stoppe net et descend voir l’état de la chaussée.
Ouf ! Un tour de roue de plus
et c’était la cata ! Voir les photos …
Cette journée est l’occasion de voir
les habitants dans leurs tâches quotidiennes : les femmes qui font
cuire
le pain dans les fours ronds,
les hommes qui travaillent dans les champs,
les enfants qui reviennent de l’école, …
Nous retournons dormir au camp de
yourtes.
Vendredi
22 avril :
KHIVA : 116 km – 6848 km
Nous prenons notre temps, flânons
sur un marché, faisons une longue pose à l’ombre, pour arriver à Khiva
en fin
d’après-midi.
Passage obligé chez un laveur de
voitures vu l’encrottement de notre camion.
Nous sommes sur le parking de
l’hôtel Asia au pied des remparts.
Samedi
23 avril : KHIVA
Journée de visite de la ville. Nous
avons perdu plus de 10° et le vent est frisquet.
Cette ville est magnifique, une
ville-musée à l’abri de ses remparts, une perle posée en plein désert.
Le
centre-ville est parfaitement conservé et on flâne parmi de somptueux
monuments : madrasas, palais, minarets, mosquées, mausolées,
…
Des mariés profitent de ce décor de
contes de fées pour réaliser leur album photos.
Le coucher de soleil éclaire les
remparts d’une lumière dorée.
Lundi
25 avril : KHIVA
Problèmes mécaniques ce matin :
la porte de la cellule est bloquée et Bernard se contorsionne pour
entrer par
la soute. On va faire souder la pièce mais elle casse et on ne peut
plus ouvrir
de l’extérieur – le convertisseur 12 / 220 v. a rendu l’âme et il
faudra
trouver des branchements électriques pour les ordis. Bon, problèmes pas
très
graves.
Le matin nous faisons nos courses au
marché. Une petite dame nous accompagne et commente nos achats, c’est
rigolo !
Après-midi de visites (nous aurons
vu tous les sites importants) et de flânerie où nos pas nous mènent.
C’est très
agréable.
Si le matin les touristes se
pressent pour visiter la ville, il y a très peu de monde dans les rues
l’après-midi.
Mardi
26 avril :
BOUKHARA : 474 km – 7322 km
Journée étape. On roule …
Arrêt dans une gargote au bord de la
route à midi. On nous sert un poisson de l’Amou Daria. Le chef le
découpe sur
un billot en bois posé par terre. Il est très bon servi avec des
oignons et une
bonne sauce tomates.
Nous arrivons à Boukhara et
bivouaquons sur le parking de l’hôtel Rumi. La fille a étudié le
français et
attend son admission à l’université de Strasbourg pour un master. Le
plus dur
pour elle sera d’obtenir un visa pour la France.
Un tour dans cette ville visitée en
2014 pour reprendre nos marques.
Les commerçants sont trop nombreux
sur les sites et c’est pénible d’être apostrophé tout le temps pour
voir des
écharpes, des coussins, des tapis, des miniatures, …
Mais on oublie vite ce désagrément
et l’attention se concentre sur la richesse architecturale des
monuments du
centre-ville.
Pendant la pause de l’après-midi
pour fuir la chaleur Bernard trouve une solution pour réparer la
serrure de la
porte de la cellule. Elle va s’ouvrir à nouveau.
Nous retournons flâner dans les rues
de Boukhara.
Jeudi
28 avril : BOUKHARA
Une journée encore de visites de
cette ville qui abrite des madrasas, minarets et mosquées
superbes.
Le bassin entouré de muriers est le
point central de Boukhara, lieu où l’on se retrouve toujours quel que
soit
notre circuit.
Aujourd’hui il fait très chaud, plus
de 36° et notre pause de mi-journée se fait au frais dans le salon de
l’hôtel.
Nous allons ensuite jusqu’à Chor
Minor, qui était une porte à 4 minarets. Elle est perdue dans un dédale
de
petites rues et malheureusement souvent ignorée des touristes.
Vendredi
29 avril : lac de TOU
DOU KOUL : 69 km – 7391 km
Marché ce matin. En plus des courses
alimentaires toujours très agréables à faire parce que c’est l’occasion
pour
nous de nous mêler à la population, nous achetons une clé modem en
espérant
avoir plus de chance !
Nous visitons le palais d’été de
l’Emir Alim Khan : jardin des Etoiles et de la Lune. Les arbres
souvent
centenaires donnent une ombre très appréciable. Les gouvernants ont
toujours su
profiter de la vie !
A midi nous mangeons un très bon
plov (plat typique ouzbèque).
Ensuite nous allons jusqu’au lac où
nous espérons un peu plus de fraîcheur … ce n’est pas le cas mais on
peut
sortir les relax et on est tranquilles.
Le gardien nous parle de Victor Hugo,
Balzac, Guy de
Maupassant, Gérard de Villiers, puis de chanteurs français, que de
culture
française pour cet homme perdu au bord de ce lac ! Et nous qui
venons chez
lui et qui savons à peine dire bonjour ou merci …
Nous quittons le lac par une route
pleine de trous, de bosses, …
Il est à remarquer que des pompes
diesel existent ici, même sur des routes secondaires, beaucoup sont en
construction, voilà qui va résoudre un gros problème pour les touristes
motorisés.
Arrêt avant Karmana pour voir la
porte et l’enceinte d’un caravansérail royal et son puits.
A midi nous croisons un couple de
jeunes anglais, Katie et Rhodri, dans notre petit resto au bord de la
route.
Les ouzbèques veulent prendre des photos et encore des photos et au
milieu de
cette joyeuse pagaille ils pensent que nous voyageons avec nos
enfants !
A Nurata visite de la forteresse
d’Alexandre le Grand, de la source de
Chashma et nous voyons également la mosquée et le mausolée du Sheikh
Abdul
Hasan Nouri.
Nous continuons jusqu’au camp de
yourtes. Dans cette région désertique, des tortues de toutes tailles
traversent
la route. Bernard stoppe pour les premières que je vais aider à
traverser puis
ensuite il se contente de les éviter, il y en a trop !
Au camp de yourtes nous retrouvons
notre jeune couple britannique, nous allons dîner ensemble et passer un
bon
moment.
Dimanche 1er mai :
SENTAB : 157 km – 7807 km
Après une très bonne nuit, nous
avons la visite de nos amis anglais et de leur guide.
Ils sont épatés en visitant le Ccar.
C’est l’occasion de quelques photos et ils partent vite car les
chameaux les
attendent.
Nous allons au bord du lac et nous y
resterons jusqu’en début d’après-midi. Super endroit !
Des chevaux sauvages que je
qualifierai plutôt de chevaux libres galopent comme des fous dans la
steppe !
Sur le bord de la route il y a une
tombe avec des débris d’un pare-brise et son joint … un accident de la
route ?
Nous prenons la route de Sentab et
nous arrêtons dans un mini-market qui doit faire moins de 6 m2. Et
encore une
fois la visite de notre coquille s’impose.
Nous arrivons à Sentab et nous
garons en bas de ce village de montagne. Nous avons l’autorisation de
la
propriétaire. Elle passe plus tard avec son fils à qui je donne
quelques
cadeaux et que je prends en photo. Elle revient nous offrir du pain et
je lui
donne la photo. Elle est très surprise. Un moment après, ses 2 filles
et le
petit garçon nous portent un bol de fromage frais. Je prends la petite
famille
en photo et je la donnerai demain à la maman.
Nous assistons au retour des paysans
avec leurs vaches. On retrouve un peu l’ambiance du Népal quand nous y
étions
en trek.
Encore une fois je dois dire que
nous sommes accueillis très cordialement et avec beaucoup de marques de
sympathie par l’ensemble de la population.
Mardi
3 mai : SAMARCANDE
Bonne nouvelle ce matin, il fait 7°
dans le frigo. Les baisses de tension le contrarient et il fonctionne
mal sur
l’électricité.
Nous profitons de la fraîcheur de ce
jour pour aller sur le site de Chah-i-Zinda, une avenue de mausolées
qui
descend du cimetière situé en haut de la colline après la mosquée
Khazrat-Khizr. C’est un endroit très vénéré et des petits groupes sont
en
prière sous la conduite d’un religieux.
Nous traversons le bazar Siob très
animé avec des marchands de fruits, de légumes, de graines diverses et
des
boutiques de vaisselle et de quincaillerie tout en bas.
Nous cherchons une bonne connexion
internet mais c’est peine perdue une fois de plus. Mon interlocuteur
Jimdo me
répète que je ne peux pas mettre mon blog à jour à cause de la
faiblesse du
réseau … après plusieurs échanges avec lui je vais bien être obligée de
le
reconnaître.
Visite du Registan, ensemble de
madrasas légèrement penchées couvertes de mosaïque bleu azur. Ces
madrasas sont
sans doute les plus anciennes préservées au monde.
. La madrasa Ulug Beg est la plus
ancienne.
. La madrasa Chir Dar ou madrasa des
lions.
. La madrasa Tilla Kari possède une
mosquée abondamment rehaussée d’or pour signifier la prospérité de
Samarcande.
Un garde propose discrètement d’accompagner Bernard jusqu’au sommet
d’un
minaret. De là-haut la vue est magnifique.
Nous finirons nos visites par la
moquée Bibi-Khanoum qui est l’objet d’une légende très
romantique : un
émir, son épouse et un architecte amoureux.
Nous y croisons Katie et Rhodri, nos
jeunes britanniques.
Et ce soir, toc, toc, toc ce sont
deux jeunes français, Alex et Nico, qui voyagent depuis plus d’un an
avec Lulu,
un intégral Mercédès qui roule encore bien puisqu’il a traversé la
Mongolie !
Encore une bonne soirée !
Dernières visites ce matin.
On va jusqu’à l’observatoire d’Ulug
Beg, souverain astronome qui fit construire un astrolabe de 30 m. Arrêt
au
tombeau de Daniel, prophète de l’Ancien Testament, dont le corps est
enfermé
dans un sarcophage de 18 m. de long. Selon la légende son corps
grandirait de
2,5 cm par an.
Le palais d’été de Timur nous déçoit
énormément. Il y a 2 ans ce bel édifice était dans un cadre très
rustique,
terre battue et peu de fioritures. Aujourd’hui il est encastré dans un
parc de
plusieurs hectares gazonné, arboré, éclairé, agrémenté de bassins et de
jets
d’eau. Une statue monumentale d’Amir complète le tableau !
On roule au sud et le bivouac est
sur le parking d’un resto, adresse donnée par nos amis et très bonne
adresse,
les plats proposés sont excellents et nous sommes bichonnés.
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