PATAGONIE
chilienne, la CARRETERA AUSTRAL du 24 janvier au 11 février
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Mercredi 25 janvier : LAGO GREY : 115 km – 7 932 km
Nous renouons avec la routine : les pleins d'eau et de gas-oil et les
vides. Puis les courses et une connexion internet à l'O.T. Nous
reprenons la route de l'estancia de José et du Parque Torres del Paine.
On connaît le chemin … Nous retrouvons José avec un grand plaisir,
plaisir partagé. Nous lui racontons nos aventures depuis notre départ
de chez lui et lui donnons quelques photos. Arrivés en France nous
composerons un album photos de notre séjour à l'estancia que nous lui
enverrons. On se quitte après de chaleureuses embrassades et la
promesse de l'appeler en cas de besoin. Quelle chance de l'avoir
rencontré ! Nous croisons les doigts à l'endroit de notre panne … Nous
arrivons sans encombre au parking du Lago Grey. Achat de billets pour
le catamaran de demain matin et nous partons pour le mirador Ferrier.
Ilych assure la maintenance du catamaran qui promène les touristes
jusqu'au glacier Grey. Pour cela il a un pick-up du site qui lui est
attribué … et 350 km à avaler ! C'est dire que nous étions en de bonnes
mains. Josette nous avait conseillé le mirador Ferrier en nous
prévenant que c'était une rando difficile. Nous le confirmons, c'est
une rando difficile. La montée (700 m.) est raide et accidentée sur un
sentier très étroit. Arrivés au sommet le vent souffle avec violence et
nous ne pouvons pas rester longtemps. On a beaucoup de peine à tenir
debout. Mais c'est une belle rando et les vues sur les lacs à perte de
vue, certains d'un incroyable bleu turquoise, le glacier Grey et les
pics de Paine méritent bien cet effort. Bivouac sur le parking de
l'hôtel Grey pour être prêt à partir pour la balade en catamaran
demain.




Jeudi 26 janvier : LAGO PEHOE : 42 km – 7 974 km
Prêts à 8 h. pour faire valider nos billets pour le catamaran.
Incroyable, il fait 18 degrés et un beau soleil ! On va au parking du
mirador Ferrier et de là on gagne la plage que nous longeons pour
atteindre le bateau. Le vent est déjà très fort et nous bouscule. Le
catamaran part à 9 h. et traverse le lac en direction du glacier. Après
avoir enfilé les gilets de sauvetage nous montons sur le pont
supérieur. Un premier bloc de glace nous émerveille, il est d'un bleu
intense et à la forme d'une arche. Notre commandant de bord s'approche
à moins de 50 m. du glacier pour notre plus grand bonheur. Deux langues
de glace entourent un massif rocheux. Le spectacle est magique. Les
pointes acérées sont bleutées et souvent veinées d'un bleu d'une
impressionnante intensité, résultat d'une alchimie entre pression de
l'air, densité de la glace et jeux de lumière. Mais à cause du
réchauffement climatique, ce glacier recule de 150 m. par an.
L'équipage pêche des blocs de glace qui seront cassés pour rafraîchir
le « pisco sour » offert. Très bonne balade et spectacle époustouflant.
On s'arrête en bordure du lago Toro pour casser la croûte, lac d'un
bleu turquoise magnifique. Nous apprécions le bonheur d'être là après
ces longues journées de galère. Nous passons d'un lac à un autre et
toujours ce bleu turquoise incroyable. Malheureusement la pluie
s'invite et nous décidons de bivouaquer au bord du lac Pehoe en
espérant que le temps sera meilleur demain.


Vendredi 27 janvier : 32 km – 8 006 km
Le temps est maussade ce matin mais nous attaquons la montée au mirador
Condor. Hélas la pluie se met à tomber à verses et nous faisons
demi-tour avant d'être trempés. Nous aurons plus de chance pour le
mirador Cuernos. L'eau passe d'un lac à l'autre par la cascade du Salto
Chico impressionnante par son débit et sa violence. Le sentier est
facile et nous emmène tout doucement en face des hauts sommets séparés
par la « valle del Francés ». Il fait soleil et le paysage est
magnifique. Le vent nous bouscule toujours et nous avançons sur un
ripio de tôle ondulée et de nids de poule. Arrivés à la laguna Amarga
nous nous installons au bord de cette lagune et n'en partirons que
demain matin. Après-midi calme de rangements, nettoyage, petite balade
et lecture.
Samedi 28 janvier : 385 km – 8 391 km
Nuit très calme au bord de la lagune. Le ripio est trop mauvais et nous
n'irons pas plus loin. Des dizaines de marcheurs attendent pour entrer
dans le parc. Le mythique W est très réputé chez les trekkeurs. Son
tracé suit le bord du lac pour l'essentiel. Nous trouvons à nouveau des
guanacos et quelques nandous. Passage en Argentine et traversée de la
pampa … peu de choses à voir et de grandes étendues à perte de vue.
Esperanza est un village de quelques maisons, pas de ravitaillement,
pas de resto. El Calafate est une petite ville très animée. Une rue
commerçante la traverse comme à Ushuaïa. La proximité du glacier Perito
Moreno doit aider à son développement. Nous retirons de l'argent à la
banque, nous rechargeons nos cartes SIM, nous faisons le plein de
gas-oil et d'eau, nous faisons des courses, nous donnons du linge à
laver et nous retournerons faire le plein de gaz lundi, Sur Gas étant
fermé. Nous croisons Françoise et Jean-Paul en ville. Ils sont heureux
de nous voir à nouveau motorisés. Gégé et sa Géraldine se joindront à
nous pour l'apéro. Notre dernière rencontre était à Punta Arenas. On
trinque à la fin de notre galère.

Pas superstitieux ….
Dimanche 29 janvier : PUNTA BANDERA : 128 km – 8 519 km
Nous papotons encore un moment avant de nous séparer. Visite du
Glaciarium à la sortie d’El Calafate. C'est un centre d’interprétation
et d'information sur les glaciers de Patagonie. Cette visite s'impose
avant d'aller admirer le Perito Moreno. Après un beau soleil ce matin,
le temps se gâte et nous arrivons au glacier sous la pluie. Ce serait
dommage de ne pas profiter de cette visite dans de bonnes conditions.
Aussi nous attendons la fin de l'après-midi et reportons notre visite à
demain.
Le bivouac sera sur le minuscule port de Punta Bandera, conseillé par
nos amis B.G., un petit coin de paradis. Nos amis qui n'ont pas hésité
à refaire un sacré bout de route à l'envers pour nous remonter le moral
lors de notre panne.
Lundi 30 janvier : EL CALAFATE : 135 km – 8 654 km
Le soleil est plus généreux ce matin, alors retour au Perito Moreno. On
ne regrette pas notre décision. Le spectacle est splendide. Nous
prenons la passerelle au départ du parking et l'approche du glacier se
fait progressivement. Il n'y a quasiment personne alors c'est calme et
toute la vue est pour nous. Des passerelles métalliques permettent de
parcourir toute la longueur du glacier sur le versant opposé. Comme le
glacier Grey, il a des reflets bleus magnifiques. Comment trouver le
superlatif ? Alors je dis comme Josette : nous en prenons plein les
mirettes. Par moment on entend comme des coups de tonnerre, ce sont des
blocs de glace qui se détachent et tombent dans le lac. On a la chance
d'en voir tomber de grands pans. Le glacier est vivant, on l'entend
craquer et gonder. On ne peut pas se décider à partir …
Mais on retourne à El Calafate et on arpente la rue principale bordée
de boutiques touristiques avant d’aller récupérer notre ligne propre à
la « lavanderia ». Bivouac sur le bord du lac Argentino.



Mercredi 1er février : EL CHALTEN
Excellente journée de rando. Les premiers kms sont assez raides et
dominent la lagune. Nous sommes ensuite sur un plateau boisé et le
sentier traverse la forêt. Au km 6 c'est le camp Poincenot où les
tentes sont nombreuses. Le dernier km est annoncé comme très raide et
demandant une bonne forme physique. Je confirme, il grimpe fortement
dans les rochers mais il est « moins pire » qu'annoncé. Les randonneurs
sont nombreux, une majorité de jeunes. Somptueux paysage à l'arrivée :
le Fitz Roy à 3 405 m., des pics de part et d'autre, des glaciers et,
au pied, un magnifique lac. On passe près de 2 h. sans se lasser
d'admirer cette superbe vue. De retour, nous passons par la laguna
Capri, petit crochet qui offre une vue différente sur le Fitz Roy.

Journée
Jeudi 2 février : BAJO CARACOLES : 585 km – 9 478 km
Journée étape. Des guanacos, quelques nandous et un zorro (renard).
Plus de 150 km de ripio, la « casa rodante » devient la « casa dansante
» … Nous retrouvons les Gégé's et les J.Paul's !
Vendredi 3 février : CHILE CHICO : 300 km – 9 778 km
Après 50 km de ripio plutôt « pourri » nous arrivons à La Cueva de Las
Manos. A flanc de la falaise qui domine le rio de 150 m., des mains
sont peintes en négatif. Il y a aussi des peintures de guanacos, d’un
animal bizarre ressemblant à un lézard, une empreinte de puma et des
motifs géométriques. Les dessins se trouvent à l'extérieur de la
grotte, ce qui signalait qu'elle était habitée. Les premiers dessins
datent de 9 000 av. JC. Ils sont visibles sur 500 m. de falaise. Retour
par le ripio et ensuite la route est en très bon état jusqu'à Perito
Moreno (la ville) où nous ne pourrons pas remplir nos bouteilles de
gaz. La sortie d'Argentine se fait rapidement et dans la bonne humeur.
L'entrée au Chili est un peu plus paperassière et nous ouvrons tous les
placards et tiroirs pour la chasse aux végétaux ou autres non
autorisés. Le douanier part avec 3 gousses d'ail et le sourire !
Bivouac au bord du lac General Carrera à Chile Chico qui s'appelle le
lago Buenos Aires sur ses rives argentines. Nous serons bercés par un
petit zéphyr sous les saules pleureurs.


Samedi 4 février : PUERTO RIO TRANQUILO : 174 km – 9 952 km
Ce matin la petite ville ne s'éveille pas avant 10 h. et en plus il
pleut. D'entrée nous attaquons le ripio. Bernard dégonfle ses pneus de
500 g. sur les conseils de conducteurs avisés et il semble que nous
sautons moins sur la piste. Les paysages sont magnifiques, le bleu
presque marine du lac (le plus grand du Chili et le 2ème plus grand
d'Amérique du sud) est entouré de champs verdoyants et dominé par les
montagnes aux cimes enneigées. Et oui, nous avons retrouvé la verdure,
les saules, les bouleaux, les pins, les abricotiers, l'herbe bien verte
et ensuite une foison de lupins au bord du ripio. Ils commencent à
monter en graine et j'en fais une provision … que je ne retrouverai
pas, dommage. Cette région est parsemée de petites maisons avec souvent
un potager et quelques poules. Les derniers 20 km sont une galère de
tôle ondulée, nous ne pouvons pas dépasser 20 km/h. A l'entrée de
Puerto Rio Tranquilo nous sommes alpagués par un promeneur de touristes
qui nous propose une sortie en mer jusqu’aux falaises de marbre. On se
décide rapidement parce qu’il fait très beau aujourd'hui et qu’il faut
en profiter. Les falaises ont été grignotées par la force des eaux et
elles ont formé des grottes et des arches. Notre barquot avance dans
certains passages et passe sous un bloc rocheux. La lumière fait
ressortir les veines du marbre et les découpes spectaculaires des
voûtes. Nous sommes ravis de notre excursion. Notre bivouac sera dans
une rue du village, sur un espace herbeux, après accord des riverains.




Dimanche 5 février : PUERTO CHACABUCO :300 km -10 252 km
Excellente nuit dans ce petit quartier tranquille. Il fait beau et nous
ne traînons pas en prévision du ripio qui nous attend. Il est meilleur
que prévu, une lame a dû être passée récemment et nous roulons « bien »
jusqu'à la route bétonnée que nous prenons à mi-parcours.
L'environnement a beaucoup changé. Nous avons quitté les berges du lac,
dommage pour ses belles couleurs bleues. Les bords de la piste sont
envahis de fuchsias arbustifs, de rhubarbe géante (gunnera) et aussi de
lupins. Beaucoup de forêts au début et ensuite c'est un paysage qui
ressemble aux paysages de chez nous, des vallons, des prairies, de
l'eau, des habitations clairsemées, … La ville de Coyhaique est peu
intéressante, tout est fermé ce dimanche et nous allons rapidement à
Puerto Chacabuco. Nous allons voir quelles sont les possibilités de
prendre un ferry avant Chaiten pour éviter encore et encore du ripio !
Nous dormirons au port de Chacabuco pour être de bonne heure au service
de réservations.

Lundi 6 février : COYHAIQUE : 116 km - 10 368 km
Hier soir vers 23 h. toc, toc, toc … Ce sont des policiers, il ne faut
pas rester là ! Ils nous indiquent un emplacement mais il fait nuit et
on se trompe de chemin alors ils nous escortent. On ne voit pas trop où
on est mais on est où il faut, forcément ! Sauf que quelques instants
plus tard une voiture se gare derrière nous et déchaîne les décibels de
la sono ! Bref, l'endroit n'est pas terrible, mais quelques instants
plus tard on aperçoit les gyrophares verts (les policiers) et nos
pollueurs sonores s'en vont. Le lendemain matin vers 6 h. des voitures
se garent près de nous et on voit le gyrophare vert … pas terrible
l'endroit … mais « no problema » on peut finir notre nuit tranquilles.
Trop tard, on se lève. Chou blanc sur toute la ligne pour les
réservations de ferry. Tout est réservé pour cette semaine quel que
soit le port de départ. Alors on réserve pour le mardi 14 et de
Chaiten, un peu de ripio en perspective. Puerto Aysen n'est pas très
attractif et le soir on revient sur Coyhaique, au camping après avoir
donné du linge à laver et la bouteille de gaz à remplir. On retrouve
notre pote Bruno et un couple de suisses présent au réveillon d'Ushaïa.
Bruno, en bon organisateur de festivités programme l'apéro … et le
digeo. Et après ces agapes on se cause en français, en anglais et un
peu en espagnol ! Mardi 7 février : COYHAIQUE Ce matin nous partons à
la recherche d'amortisseurs. Et oui ! Il y en a un qui a rendu l'âme …
Pas de chance, il faudra ait attendre 8 jours et à Puerto Montt ou
Osorno on les aura plus rapidement. Bruno cherche à faire souder une
jante et de proche en proche il trouve le bon artisan. L'après-midi est
consacrée à internet, qui ne fonctionne pas très bien, au ménage et
ensuite à la récupération du linge propre et de la bonbonne de gaz.
Cette dernière démarche durera 3 h. Tout d'abord la bonbonne est
remplie à 30 kg au lieu de 13 kg ! Et ensuite il faut la vider et la
recharger. Mais comme les opérations ne se font pas toutes sur place
nous attendrons tout ce temps. Revenus au camping nous retrouvons les
Gégé's puis un couple d'amis de Monique et Erick et un couple
d'inconnus … qui ne le resteront pas longtemps. Allez hop ! Apéro pour
les 11 français !

Mercredi 8 février : PUERTO CISNES : 237 km – 10 605 km
Ce matin coiffeuse pour moi. Géraldine dont c'était le métier me
propose très gentiment de me couper les cheveux. J'en avais bien besoin
et le résultat est top ! Nous essayons ensuite de faire changer notre
réservation de ferry pour le 12 au lieu du 14 mais tout est complet.
Nous partons en direction de Chaiten avec de nombreux arrêts prévus en
route et la certitude de retrouver les uns ou les autres sur notre
route. La carretera austral est le domaine des voyageurs à pied ou à
vélo et notre camping était un lieu de rencontre de tous ces jeunes
voyageurs. Notre bivouac est sur le port de Cisnes en face de l'île
Magdalena, sur le canal de Puyuhuapi.

Jeudi 9 février : LA JUNTA : 143 km – 10 748 km
Nuit très tranquille près des barques des pêcheurs. Petite visite très
courtoise des policiers pour nous faire garer dans le bon sens. La
police n'est pas très visible, contrairement aux pays en stan où nous
étions arrêtés très souvent, mais elle est très présente. Pas de
gambas, rien du tout au port ce matin. Dommage ... Nous continuons la
route ou plutôt le ripio mais c’est carrossable à part une vingtaine de
km de travaux intensifs. On avait prévu quelques randos dans ce parc
mais il pleut ce matin et aller marcher sous la pluie sur des sentiers
détrempés dans les sous-bois ne nous tente pas. Déception arrivés à
Puyuhuapi, petit port au fond du fjord du même nom, toutes les rues
sont en réfection et on ne pourra pas trouver un bivouac ici. Après le
repas nous reprenons la route jusqu'à La Junta. C'est une petite ville
perdue sur la Carretera Austral mais un bon endroit pour un bivouac.

Vendredi 10 février : CHAITEN : 152 km – 10 900 km
Problème mécanique depuis hier : notre niveau d'eau dans le vase
d'expansion diminue trop vite, alors nous décidons de rallier Osorno
rapidement parce que nous savons qu'il y a un garage Fiat qui a bonne
réputation. Nous ne sommes pas vraiment sereins depuis notre dépannage
à Ushuaïa, même si notre mécano Ilych nous a très bien réparés. Quand
nous lui faisons part de ce problème il répond tout de suite, nous
donne des pistes de fuite possible et nous annonce sa présence dans la
banlieue de Santiago fin février. Le ripio n'est pas trop mauvais et
nous sommes à Chaiten en fin de matinée. Dès l'ouverture du bureau de
réservation des ferries nous y allons pour essayer de faire avancer
notre réservation. Rien aujourd'hui mais elle nous conseille de venir
demain à 8 h.30 pour voir … Bernard vérifie une fois encore les traces
d'eau possible dans le moteur et il repère un peu d'eau sous le
pareflu. Il regarde de plus près et bingo ! C'est sans doute l'origine
de notre fuite. Un mécano local nous répare cela en 10 minutes. On va
écrire un guide des garages en amsud. Nous rencontrons Jean-Michel et
Christiane connus à Coyhaique et nous passons un bon moment ensemble.
Bivouac près du bureau des ferries.