SANTIAGO - VALPARAISO du 28
février au 7 mars
retour à l'accueil
Mardi 28 février : SANTIAGO : FIAT : 58 km – 14 389 km
Lever à 6 h. pour partir tôt et éviter les bouchons. Le garage va
effectuer une série de tests et commence par nous annoncer que le ccar
doit rester une semaine sans possibilité pour nous de dormir dedans. On
réserve tout de suite une chambre dans un hôtel proche … la dernière et
assez loin quand même. On parle avec Luciano, le chef d'atelier et on
lui raconte notre série de déboires mécaniques. On arrive à un nouvel
arrangement : le moteur est mis sous pression et testé aujourd'hui. On
récupère le ccar pour la soirée et la nuit.
On va passer le restant de la journée à Santiago. Un taxi nous
pose sur la place des Armes, nommée ainsi parce que c'était le lieu où
l'armée avait ses quartiers. C'est aussi le km zéro des routes du
Chili. On se balade dans les rues piétonnières. On monte au Cerro
Santa Lucia. C'est un havre de verdure appréciable avec la chaleur du
milieu de journée.
On va jusqu'au centre culturel du palais de la Moneda. Des expos
permanentes ou temporaires sont organisées là. La luminosité de ce lieu
en sous-sol est très surprenante. Le palais de la Moneda, de sinistre
mémoire, est situé tout près. En septembre 1973 l'armée soutenue
par la C.I.A. donne l'assaut pour chasser Salvador Allende du pouvoir.
Celui-ci se « suicidera » dans ce palais. Les U.S.A. ne voulaient pas
d'un état socialiste, ils avaient déjà Cuba.
Retour au garage. Le moteur n'a pas de défaut. Demain ils vont tester
le circuit de refroidissement. On est une fois de plus tributaire des
tests, des essais, des décisions des mécanos. On va dormir pas trop
loin dans une station Shell, très bruyante !




Mercredi 1er mars : SANTIAGO : 40 km – 14 429 km
On passe par le garage
et on part en ville avec le moyen de transport que nous empruntons dans
toutes les grandes villes quel que soit le pays : le métro. C'est
rapide, économique et on se mêle aux habitants. Aujourd'hui visite de
la cathédrale, du musée des Arts Précolombiens (une merveille tant par
les objets exposés que par l'agencement des salles. On veut tout voir
en prenant notre temps), le marché municipal (très animé avec de beaux
étals de poissons et coquillages où nous déjeunerons dans un petit
resto typique et très bon), le musée National, l'église St François
avec le musée Colonial dans son cloître. Nous flânerons dans les rues
de la ville et passerons une excellente journée. A un moment la foule
se précipite vers un point de la place des Armes. Aussitôt 5 policiers
à cheval, 2 à motos et d'autres à pied sont sur place. La police est
omniprésente en ville et aussi dans la campagne même si elle n'est pas
toujours visible. Retour au garage. Pas de fuite avec le système de
refroidissement, c'est sans doute le radiateur qui a une microfissure.
Ils ont versé un liquide qui va colmater ces fissures et le tour est
joué ! On va aller à Valparaiso et si … on reviendra au garage. On
s'éloigne de la capitale et le gardien du parking d'une cafeteria nous
prend sous son aile jusqu'à demain.





Jeudi 2 mars : QUILLOTA : 177 km – 14 606 km
Encore quelques visites sur Santiago. Tout d'abord, la « Chascona » où
Pablo Neruda vécu avec Mathilde. La Chascona signifie « femme à la
chevelure abondante et capricieuse ». Il mourut en septembre 1973 peu
après le renversement de Salvador Allende, officiellement d’un cancer
de la prostate. Certains évoquent une mystérieuse injection la veille
de sa mort et de son exil vers le Mexique. On en apprend un peu plus
sur ce poète qui fut aussi ambassadeur de son pays, en France en
particulier. Il reçut la Légion d'Honneur et le prix Nobel de
littérature. Le quartier est très coloré, petits jardins et nombreux
restos et cafés, toute une ambiance !
Nous voulons voir le cimetière municipal mais son étendue est immense
et il est collé au cimetière catholique, alors on va passer un bon
moment à essayer de comprendre comment on visite. On arrivera quand
même à la tombe de Salvador Allende et au mur des « détenus disparus et
des exécutés politiques » ou une liste de centaines de noms sont gravés
dans la pierre. Il jouxte les tombes des exécutés
politiques. C'est impressionnant.
Le musée de la mémoire sera notre dernière visite à Santiago. Il
est dédié aux disparus du coup d'état qui a porté Pinochet au
pouvoir. Ici les photos des disparus et exécutés sont exposées
sur un grand mur qui monte sur les 2 niveaux. On en a le cœur serré.
La plaie n’est pas refermée, le souvenir est entretenu, hommage à
toutes ses morts injustifiées et injustifiables.







Vendredi 3 mars : QUILLOTA : 30 km – 14 636 km
Nous nous accordons une
journée de repos … qui va être bien pleine ! Du camping la Victoria,
choisi pour sa proximité avec Valparaiso, nous allons à Concon faire
des courses, les placards et le frigo sont vides ! Nous déposons du
linge à la lavanderia, il sera prêt lundi et nous faisons monter les
amortisseurs arrivés de France, par un garagiste. Je ne commenterai pas
la qualité du travail effectué par un pro à qui il a fallu près de 3 h.
pour arriver à bout de ce montage … mais pour le moment pas de fuite au
pareflu, alors positivons ! Josette, Joël, Babette et François nous
rejoindrons et nous visiterons Valparaiso ensemble.
Samedi 4 mars : VALPARAISO
Le bus s'arrête devant le camping et en une
demi-heure nous sommes au centre de Valpo (pour parler comme les
chiliens). Aujourd'hui nous déambulerons dans les quartiers de Cerro
Alegre et de Cerro Concepcion. Plaisir des yeux de passer dans ces
ruelles aux murs couverts de fresques, d'emprunter les ascenseurs pour
atteindre des terrasses qui dominent la ville et le port. Les photos
donnent un aperçu du plaisir de la visite.






Dimanche 5 mars : VALPARAISO
Même moyen de transport et même
destination aujourd'hui, mais nous descendons un arrêt plus tôt, à
l’entrée de la ville. La ville s'éveille doucement à 10 h. et certains
individus émergent juste pour attaquer le kilo de rouge. Le quartier
est assez glauque et nous le traversons rapidement, un peu trop même
car nous devons revenir sur nos pas ! Au passage nous entrons
dans la cathédrale qui est très classique. Un escalier pour nous mettre
en jambe et atteindre le « musée à ciel ouvert ». Des artistes
connus ont peint des fresques sur certains murs mais cela n'a pas la
patte des œuvres improvisées d'hier. Un peu déçus nous montons jusqu'à
la « Sebastiana » demeure de Pablo Neruda à Valpo. Elle est pleine des
souvenirs du poète mais n'a pas le charme de la Chascona à Santiago
malgré les vues imprenables sur l'océan. Nous continuons notre balade
après un arrêt déjeuner dans un excellent resto (il était très bien
hier aussi). Les quartiers s'éveillent en fin d'après-midi et cette
journée se terminera dans une petite rue très animée.




Lundi 6 mars : ZAPALLAR : 95 km – 14 731 km
Nous nous quittons ce matin
et chacun poursuit sa route. Nous allons récupérer le linge à la
lavanderia. Il est bien plié, nickel. Nous remontons la côte au nord
tout doucement. Arrêt sur la plage de Zapallar où nous resterons pour
la nuit. Je n'ose pas dire qu'un amortisseur avant fuit … mais il est
bien noyé dans son jus d'huile ! Nous sommes poursuivis par
l'adversité, quand un problème semble résolu, un autre s'annonce.
Dans ce voyage on cumule les em … Sur le coup on veut prendre le
premier bateau de retour, c'est la première fois que le doute nous
envahit. On verra demain, à chaque jour suffit sa peine, la nuit porte
conseil … j'en passe et des meilleures !
Mardi 7 mars : PICHIDANGUI : 73 km – 14 804 km
Après une nuit bercés
par le bruit des vagues, nous repartons pleins d'énergie. Bernard
téléphone à JSA (des amortisseurs), à Fiat à Clermont et envoie un mail
au garage Fiat de Santiago, à Luciano. Nous avons des potes dans tous
les garages du Chili. Et maintenant nous attendons que Luciano trouve
des amortisseurs au Chili ou les commande en Italie. On a la chance de
rencontrer un suisse qui parle espagnol et qui appelle le garage pour
nous alors on est certains de comprendre la réponse. La route suit la
mer et le spectacle des rochers où se brisent les vagues est superbe.
On choisit un camping avec une bonne connexion wifi pour se mettre à
jour. Un petit bain de pieds dans l'océan tout proche et la journée se
passe tranquillement.
Mercredi 8 mars : SANTIAGO : 284 km – 15 088 km
Nous décidons de
prendre la route pour Mendoza en Argentine et de faire étape à Los
Andes en attendant la réponse de Luciano. Nous nous rapprochons ainsi
de Santiago. Un premier message de Fiat nous annonce qu'ils ont les
amortisseurs et qu'ils vont interroger l'importateur. Un deuxième
message annonce que ce n'est pas bon et qu'il faudrait les commander
avec 30 jours d'attente. Douche froide. Le hasard nous ramène jusqu'à
Zapallar où nous rencontrons Josefina, une chilienne qui a enseigné à
l’Alliance Française. Elle est très heureuse de pouvoir parler français
et de fil en aiguille nous lui racontons nos ennuis mécaniques. Elle
téléphone à son cousin mécano à Santiago, lui explique notre situation
et rendez-vous est pris pour demain 7 h. Elle voudrait aussi nous
trouver un bon endroit de bivouac, mais malgré de nombreux coups de fil
elle ne trouve rien. Ce n'est pas le plus important pour nous. En
bordure de route, un incendie a ravagé une colline après qu'un camion
ait pris feu. Nous trouvons un point de chute à Copec à une vingtaine
de km du garage. Un couple de français avec 2 enfants sont là. Ils vont
laisser leur ccar ici et partir pour 4 jours à l'île de Pâques. Nous
les envions beaucoup mais nous ne pouvions pas réserver très longtemps
à l'avance et les vols du mois de mars sont complets. Tout comme les
suisses rencontrés hier ils ont croisé la route de Monique et Erick.
Toujours quelqu'un qui a vu quelqu'un … les fils se tissent.