Jeudi 25 octobre :
L'entrée en Iran se fait rapidement.
Nous avons un "facilitateur" qui nous guide de la police à la douane,
à l'enregistrement du CPD (carnet de passage en douane) jusqu'au bureau
de change.
Un policier nous offre des gâteaux et nous sommes bien reçus.
Le rial est officiellement à 48 000 rials pour 1 € et nous le changeons
à 150 000 rials pour 1 €. Ce n'est pas bon signe pour l'économie du
pays.
Notre première visite est pour l'église orthodoxe Saint-Thaddée à Qara
Kelissa, haut lieu de la spiritualité arménienne.
Malheureusement elle est en travaux et nous sommes déçus de notre
visite.
Nous reprenons la route et bivouaquons entre une mosquée et un poste de
police.
Il est à noter qu'en Iran nous n'entendons pas l'appel à la prière et
que les minarets ne sont pas tous équipés de haut-parleurs. Vendredi 26 octobre :
Arrivée à Tabriz mais nous sommes vendredi et tout est fermé
l'après-midi.
Nous parcourons le bazar qui est truffé de caravansérails, mosquées,
médersas et café traditionnels. Samedi 27 octobre :
Le parc Mosafer est bien connu des voyageurs et nous sommes en
compagnie d'un équipage de savoyards et de cyclistes franco-ibères.
Nous partons par l'est pour découvrir le lac salé. Ce lac qui mesurait
140 km de long et 45 km de large s'est asséché suite à la construction
de très nombreux barrages et maintenant c'est une vaste étendue de sel
avec très peu d'eau.
Ce détour nous fait découvrir des étendues de vignes et de pommiers.
Les fruits servent à la fabrication de jus pour le raisin et de compote
pour les pommes.
La région atteint les 1 800 m. d'altitude et les soirées sont fraiches.
Quelques prix : le gasoil est à 0.02 € pour les camions locaux, nous
l'avons payé 0.06 € à un camionneur - les tomates à 0.20 € - le repas à
Tabriz près du bazar à 1,50 € par personne - le taxi pour 5 km à 0.70 €
...
Rien à voir avec les prix pratiqués en Amérique du sud et le
dépaysement en plus !
Dimanche 28 octobre :
Nous avons dormi sur un parking en centre-ville. Ce matin nous étions
seuls et la porte était fermée par un gros cadenas, heureusement le
gardien est arrivé quand nous voulions partir.
Journée étape sur des routes en très bon état et très souvent à 2 fois
2 voies. La circulation est dense, un peu anarchique mais pas de gros
problème.
Les paysages sont monotones mais nous montons à plus de 2 000 m. et ils
ne manquent pas de relief.
Ce soir nous dormons devant une mosquée.
Kurdistan iranien : en attente d'être embauchés ...
le
bon pain du
boulanger
chargement du GPL pour les voitures
Lundi 29 octobre :
La route jusqu'à Ispahan est toujours aussi monotone et haut perchée.
Nous prenons une petite route et avons le plaisir de découvrir de vieux
caravansérails en piteux états malheureusement.
Arrivés à Ispahan en début d'après-midi nous avons le temps de nous
promener sur la place de l'Imam toujours aussi spectaculaire et
magnifique. Un petit tour dans le bazar pour quelques achats
d'épices et de pistaches.
Le soir nous retrouvons Micheline et Michel puis Gisèle et Gérard et
nous avons beaucoup à partager.
Mardi 30 octobre :
Journée à Ispahan pour nous remplir les yeux des merveilles de cette
ville.
Visite du palais Ali Qapu dont la terrasse offre une vue imprenable sur
la place de l'imam.
Il abrite à l'étage une salle de musique dont les niches originales
font fonction de pièges à son, destinées à parfaire l'acoustique de la
salle.
A midi nous déjeunons dans un hammam transformé en restaurant à
l'ambiance très particulière.
Les heurtoirs de porte sont différents suivant si vous êtes un homme (à
droite) ou une femme (à gauche).
L'après-midi nous un taxi nous emmène au pont Si-o-Seh-Pol, pont des 33
arches, édifié en 1603. Maheureusement la Zayabdeh Rud est à sec depuis
au moins 2 ans. De là nous allons à pied au Pol-e Khaju qui est un pont
barrage construit en 1650.
Dans la soirée quelques ateliers d'artisans sont ouverts. Mercredi 31 octobre :
Nous quittons Ispahan à regret mais il faut avancer vers le Pakistan.
La campagne est toujours aussi monotone, le paysage est désertique et
nous dépassons les 2 400 m.
Arrêt à la belle mosquée Jameh de Na'in où des petites filles suivent
un cours d'éducation religieuse.
Au village des tisserands de Moohammadiyeh nous achetons un tapis de
devant de porte, tissé main, en poils de chameau pour moins de 7 €.
En route quelques vieilles pierres font l'objet d'une courte halte. Jeudi 1er novembre :
Journée de visite à Yazd.
Cette ville a pu se développer dans le désert grâce à un système
ingénieux de "qanats" pour canaliser l'eau jusqu'ici.
Les tours du vent ou "bagdirs" sont des constructions traditionnelles
d'architecture persane utilisées depuis des siècles pour créer une
ventilation naturelle dans les bâtiments. C'est spécifique à la région
de Yazd.
La mosquée Jameh construite en 1327 offre un portail, habillé de
mosaïques de faïence à dominance verte et bleue, que surélèvent 2
minarets.
Nous visiterons bien sûr la prison d'Alexandre puis le musée de l'eau
et le moulin à eau.
Ces deux sites expliquent l'importance des "qanats" ou canalisations
souterraines dans le captage et la distribution de l'eau.
Le tekkiyeh se résume à une longue façade comportant 3 niveaux de
loggias et 2 minarets. Il sert de porte d'entrée à un petit bazar.
Le "zurkhaneh" ou maison de force est le gymnase traditionnel dans
lequel les iraniens pratiquent le sport national appelé "varzesh-e
Pahlavani".
La manipulation de massues énormes en bois en est une des principales
attractions.
Et quelques scènes de rue.
Vendredi 2 novembre :
Nous quittons Yazd pour Kerman.
Route toujours monotone mais l'arrêt au caravansérail de Zeyn-od-Din
est un arrêt important pour nous.
Nous y avons dormi en 2009 puis en 2015 avec notre camping-car.
Le lieu a été restauré et cela change de l'état de dégradation qui
était le sien. Belle visite.
Des champs de pistachiers bordent la route mais ils vont rentrer en
période de repos végétatif et ils sont plutôt secs.
A Kerman la même cour d'hôtel nous accueille. Samedi 3 novembre :
Ce matin arrêt aux
jardins du Prince, datés de 1873 et œuvre d'un prince qajar.Un canal
central déverse ses eaux dans 12 cascades et bassins agrémentés de
jets d'eau.
On l'avait connu au printemps avec de nombreux iraniens qui
pique-niquaient
et campaient sur les pelouses, aujourd'hui il n'y a personne à part des
jardiniers qui préparent les massifs pour la prochaine
saison.
La forteresse de Rayen renferme une zone résidentielle et un quartier
administratif. Elle a été grandement aménagée depuis notre passage en
2015 et
c'est un bel endroit.
Bivouac à Bam devant la forteresse Arg-e Bam.
Dans la nuit du 26 décembre 2003 un séisme d'une magnitude de 6,9 a
anéanti
l'oasis de Bam et sa citadelle vieille de plus de 2 400 ans.
On dénombra quelque 41 000 morts et 50 000 blessés.
La citadelle bâtie en pisé s'est écroulée comme un château de cartes.
Elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco et les travaux,
toujours en cours,
ont permis de reconstruire une partie de la ville haute. Dimanche 4 novembre :
Nous traversons une zone désertique et inhabitée jusqu'à Zahedan, ville
située
à 330 km de Bam.
Au cours du repas nous rencontrons Hamid des services touristiques du
Sistan Baloutchistan
et qui va nous guider jusqu'à la frontière du Pakistan.
Deux couples de motards de Malaisie seront avec nous et le premier
contact est
très sympathique.
Ils viennent de parcourir une partie du monde pendant 8 mois et sont
allés
jusqu'à Paris après le Japon, la Chine, la Russie, la Scandinavie et de
nombreux autres pays.
Nous allons faire un tour au bazar. Les femmes portent des vêtements
brodés et colorés sous leur tchador noir.
Le soir nous sommes invités à manger avec le ministre du tourisme du
Baloutchistan.
Il nous tient un discours très politique et lénifiant sur les relations
entre les peuples et ne réponds pas à nos questions sur la difficulté à
trouver du gasoil dans sa région sauf à dire qu'il va en parler demain
avec le gouvernement ...
Le supermarché !
Ariane du service des
Affaires Etrangères :
Nous sommes inscrits sur ce serveur et avons reçu une mise
en garde suite à de nombreuses manifestations qui ont lieu dans tout le
pays.
Une femme chrétienne, mère de 5 enfants est accusée d'avoir bu de l'eau
dans
une fontaine réservée aux musulmans. Elle a été condamnée à mort et est
emprisonnée depuis 2010. La justice vient de la déclarer non coupable
et cela a
entrainé de nombreuses manifestations très violentes.
Le ministre a reculé et va demander un nouveau jugement. Voilà qui
devrait
calmer les esprits.