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TIBET

Lundi 3 juin :
La sortie du Népal se fait rapidement. Le poste de police est tout
petit avec un minimum de matériel.
La route est encore mauvaise jusqu'au poste chinois. Et là gros
contraste, c'est un bâtiment imposant, encore en travaux, rien à voir
avec le précédent.
Nous attendons notre guide chinois un grand moment. Quand il arrive
nous entrons en Chine. Arrivés au bureau de contrôle, problème et
même gros problème. Sur le visa collectif chinois délivré à Katmandou
nous sommes notées avec notre nom de jeune fille seulement et cela ne
correspond pas aux passeports. Autre problème, sur la liste des
autorisations détenue par notre guide un des noms est erroné - les
nouveaux passeports portent la mention "usage" à la place de "ép." et
ce mot "usage" est collé au nom de famille d'une des personnes.
Casse-tête chinois mais impossible de passer. On n'a pas du tout envie
de retourner à Katmandou pour demander un nouveau visa. Et puis c'est
une erreur des services chinois donc il faudra bien qu'ils trouvent la
solution.
Quand le grand chef prend son service les 2 problèmes sont réglés et on
entre au Tibet.
Les véhicules sont aspergés de désinfectant et inspectés, surtout pour
voir si nous n'avons pas de document mentionnant "Tibet" sans "China".
Puis nous prenons la route, une route excellente ! Premier arrêt à
Jilhong. Le guide souhaite que nous allions plus loin mais la route a
été coupée par un glissement de terrain. Ce n'est pas notre jour de
chance ! On restera ici au moins jusqu'à demain après-midi.
Le tour de ville est vite fait. Le temple mérite une visite.


Mardi 4 juin :
La route est toujours coupée. Les équipes travaillent jour et nuit mais
nous devons attendre. Un petit tour en ville pour prendre l'air ...
Mercredi 5 juin :
Le route est toujours coupée ... on s'occupe au mieux ...
Vers 17 heures notre guide Namdrol nous annonce que nous partons. Nous
sommes très vite prêts et nous prenons la route.
Quelques kilomètres plus loin nous sommes arrêtés. Contrôle de police.
On attendra 1 h.30 que la circulation reprenne. Pourquoi ? C'est comme
çà ...
La route est encaissée et les éboulements doivent être relativement
fréquents. Après avoir traversé une région de forêts nous avons un
paysage lunaire.
A 21 h.30 nous sommes au bivouac, parking en ville, à 4 200 m.
d'altitude. Une boutique est ouverte et nous en profitons pour faire
quelques courses. Le magasin est très grand et il y a un coin cuisine
avec une cocotte à riz. Le personnel doit passer la journée ici. On
entendra le rideau se fermer vers minuit.
Jeudi 6 juin :
La route redescend puis nous montons à un col à 4 300 m. où la
température est de 4 degrés. Le soleil brille dans un beau ciel bleu et
nous serons vite réchauffés. La chaîne de l'Himalaya est visible au
loin et nous verrons l'Everest. La route est en excellent état et nous
dépassons les 100 km/h. ce qui ne nous était pas arrivé depuis des
mois. Arrêt à un nouveau contrôle de police. On a l'impression de
passer une frontière tant le policier scrute les nombreux
documents fournis par le guide et nos passeports !
Bivouac peu avant la ville de Shegar et rien à voir.

au loin, l'Everest.

Vendredi 7juin :
Grande étape sur notre circuit aujourd'hui, le camp de base de
l'Everest. Nous passons d'abord un col à 5 200 m. d'où nous avons une
vue splendide sur l'Everest, le Makalu à sa gauche et le Cho Oyu à sa
droite. La route est en grands lacets. Elle est très bien entretenue.
Montent avec nous des vélos et des motos. Nous laissons les véhicules
au parking et prenons un bus jusqu'au camp de base à 5 200 m.
d'altitude.

L'hôtel est très propre et confortable, nous avons des couvertures
électriques. Le repas ici sera excellent. Nous restons près de 3 heures
à nous balader au pied de l'Everest. Un vieux village sert de point de
ralliement aux yaks, des moulins à prière sont actionnés par une petite
cascade.
Nous visitons le monastère et faisons son tour complet.








Coucher de soleil sur l'Everest.
Samedi 8 juin :
La nuit n'a pas été terrible, effets de l'altitude. Nous dormons à 5
200 m. et nous sommes montés assez vite de 2 800 à 5 200 en 2 jours.
Lever de bonne heure pour voir le lever de soleil. Nous ne sommes pas
fans des levers et des couchers de solel et même sur ce site
exceptionnel ce n'est pas l'émerveillement !
Nous reprenons la même route qu'hier et allons jusqu'à Shigatzé,
deuxième ville du Tibet. Nous profitons de quelques belles vues en
montant au col et spécialement un beau village entouré de
cultures.
Des arbres sont plantés sur le bord des routes et commencent à faire de
très jolis bosquets par endroit. Les drapeaux chinois flottent sur
toutes les maisons. De nombreux immeubles sont en construction mais on
se demande qui va les habiter. On traverse des villages neufs où tout
est bien aligné et de vieux villages beaucoup plus typiques.

L'Everest au centre, le Cho Oyu à
droite et le Makalu à gauche caché par les nuages.

Samedi 9 juin :
Nous apprécions d'être en ville. Ce matin visite du monastère du
Tashilungpo. Il est loin de l'hôtel et de son parking et nous profitons
de l'activité matinales des boutiques qui ouvrent tard. Passage par un
ATM pour retirer des yuans mais nous sommes limités à 1 000 soit 130 €
environ et nous reviendrons.
Petite anecdote : en
sortant du monastère nous trouvons deux ATM. Celui de la banque de
Chine refuse notre retrait alors on essaie celui de la banque agricole.
Résultat négatif et en plus une sirène se met à hurler ... nous sortons
d'un air décontracté mais personne n'a l'air de s'en émouvoir.
Ce monastère est immense. Il a été construit en 1 447 par le premier
dalaï-lama, secte des bonnets jaunes ou Gelugpa. Il couvre 15 ha,
possède 57 palais et 3 600 chambres ! Une statue du bouddha du futur ou
Maitreya est plaquée de feuilles d'or et sertie de milliers de diamants
et pierres précieuses.








Un petit chat va se promener dans le sac à dos de sa maîtresse.

Lundi 10 juin :
Journée formalités de police.
En premier nous allons faire vérifier les véhicules. Vérification des
phares puis passage sur un duo de rouleaux pour tester ... quelque
chose. Un de nous reste bloqué là et il faudra une voiture et une
sangle pour le sortir de ce mauvais pas. A un autre endroit de la ville
le camion est pris en photo et les numéros moteur et ZFA sont
contrôlés. A un autre endroit de la ville notre guide prend une
assurance et le permis pour Bernard. . Les bureaux n'ouvrent qu'à 15
h.30 et nous attendons. L'après-midi est déjà largement entamée. Ce
sera une journée sous le signe de l'attente ! Bernard va passer une
visite médicale. Il doit lire une lettre style E et dire dans quel sens
elle est posée. Le pourquoi du test est obscur mais il le passe avec
brio ! Nous aurons nos plaques chinoises demain. Journée perdue mais
des équipages ont passé plus de 4 jours en formalités il y a 2 ans.
Mardi 11 juin :
Nous repartons dans les méandres de l'administration chinoise. Encore
un nouveau lieu d'où Namdrol, notre guide sort avec les plaques
d'immatriculation et une vignette à coller sur le pare-brise.
Nous pouvons enfin partir pour Lhassa. La route est bien monotone. Les
portiques de contrôles divers et variés fleurissent tout au long du
trajet. Nous aurons aussi 3 contrôles de police, quelques fois avec les
passeports, quelques fois sans. Belle scène de labourage et semailles
sur la route.
Arrivée à Lhassa en fin d'après-midi. Malheureusement l'hôtel Tibet est
loin du centre contrairement à ce qui était écrit dans notre contrat.
J'ai Nicolas, de l'agence, au téléphone mais je comprends vite que nous
resterons là.
Mercredi 12 juin :
Première visite des environs de Lhassa. Le monastère de Drepung fondé
en 1 416 est consacré à la secte des bonnets jaunes ou Gelugpa. Il
accueillait plus de 10 000 moines. C'était le siège des dalaï-lamas
jusqu'à ce que le 5ème fasse construire le Potala. Les stupas des
dépouilles des 2ème, 3ème et 4ème sont dans ce monastère. C'est une
université bouddhiste comparable à la Sorbonne.



les cuisines



Le palais du Norbulinka a servi de résidence d'été au Dalaï-Lama
jusqu'en 1 950 date à laquelle le Tibet est passé sous contrôle de la
Chine après la fuite du 14ème Dalaï-Lama en Inde en 1957. En 2001 ce
palais a été classé au patrimoine mondial de l'Unesco. On y visite un
temple, un monastère, un local où se trouvent différents moyens
de transport de l'époque : des calèches, des chaises à porteur, ... On
visite en dernier la maison où vivait le 14 ème Dalaï-Lama (parti en
exil en 1959 et que les chinois ne mentionnent jamais) avec les salons
où il recevait sa famille, celui où il recevait ses invités, sa
chambre, sa salle de prière, sa salle de bain, son bureau, ...

Sur le toit d'un temple en réfection des femmes tassent le sol en
chantant en cadence.
Le monastère de Sera, célèbre pour les joutes bouddhistes auxquelles se
livrent les moines dans l'après-midi. Il abritait jusqu'à 5 000 moines
et a beaucoup souffert lors de différentes révoltes des moines et a été
très endommagé.
Jeudi 13 juin :
Visite de Lhassa. Nous commençons par le Potala. Cette visite est très
organisée. Nous avons un billet de réservation qui porte une heure et
nous sommes contrôlés une première fois, avec scan des sacs. On attend
puis on commence à monter et il y a un deuxième contrôle. Un troisième
contrôle nous permettra d'arriver au guichet où nous achèterons nos
billets. Arrivés à 8 h.30 nous commencerons la visite à 10 h. et elle
durera 45 mn. Nous ne sommes pas bousculés contrairement à ce que
disent certains commentaires. La visite est très complète axée autour
des Dalaï-Lamas qui se sont succédés ici. Nous avons fait cette visite
il y a 20 ans et aujourd'hui nous visitons plus de salles. Il est vrai
que ce palais du Potala est devenu un musée et il est visité comme tel.
Notre guide nous informe que la structure en bois est très fragile,
elle supporte des centaines de touristes et elle est très difficile à
restaurer. Il semble peu probable que les chinois renoncent à une telle
source de revenus à 40 € l'entrée en cette saison et à plus de 120 €
l'entrée en juillet et août. Les visiteurs campent devant l'entrée du
site et se relaient pour garder leur place dans la queue.

Nous traversons une partie de Lhassa pour aller au Jokhang inscrit lui
aussi au patrimoine mondial de l'Unesco. Il y a une visite organisée
par le CCTV ou télévision centrale de Chine. Nous devons donc attendre
pour entrer. Ce monastère est vide et ne ressemble pas du tout au
monastère remplit de pèlerins dont la foi et la dévotion étaient
immenses en 1999. Déception. Dehors nous en verrons qui font le tour
du monastère en se prosternant et s'allongeant.


Le tour du marché ou Barkor qui
entoure le Jokhang est un ensemble de boutiques de bondieuseries
chinoises !

la rue des dentistes

Lhassa est une immense ville chinoise. Le Tibet est vraiment chinois.
Vendredi 14 juin :
Nous quittons Lhassa de bonne heure. Nous empruntons une route
différente pour aller au lac Yamdrok Tso à 4 440 m. Ce lac est d'une
magnifique couleur turquoise. Il couvre 675 km2 et a plusieurs bras.
Dans la montée avant d'arriver au lac nous voyons de drôles de chiens
inconnus chez nous. Ce sont des "tibetan dog mastiss". Les
propriétaires les exposent et nous encouragent vivement à nous faire
prendre en photo avec eux. Ils sont très insistants. Ils proposent
aussi des yacks et de petites chèvres ... Plus loin, le glacier Karola
descend presque jusqu'à la route.



Les
cols sont toujours ornés de nombreux drapeaux de
prière.
Un fort avant d'arriver au monastère de Pelkor.

Nous visiterons ensuite 2 monastères :
- le monastère de Pelkor construit en 1 418 par le roi de Gyantse et le
premier Panchen Lama. En 1 427 le grand stupa Kubum est construit avec
possibilité d'en faire le tour par ses nombreux étages et terrasses.



Les gardiens des 4 points cardinaux, présents dans tous les temples
devant l'entrée.



- le monastère de Shalu a été fondé en 1 0003. Il a des tuiles
vernissées sur le toit. C'est un mélange d'architecture tibétaine et
chinoise.


Nous sommes à Shigatze pour le bivouac sur le parking du même hôtel
qu'à l'aller. Gros problème, la police n'est pas d'accord et bernard
accompagne le guide au poste de police. Ils s'en sortent en argant
qu'il n'est pas possible de retirer plus de 1 000 yuans avec le carte
bancaire et que le guide nous en a prêté beaucoup et n'en a plus. Ouf !
on peut dormir là.
Petite info : le Tashi
Lumpo est le monastère du Panchen Lama. Ce dernier est le deuxième plus
haut chef spirituel du bouddhisme tibétain. Il y a 2 réincarnations du
11ème Panchen Lama. Le premier candidat a été choisi par les
tibétains le 14 mai 1995 et le deuxième a été choisi par les autorités
chinoises le 25 novembre 1995. Le premier a été kidnappé par les
chinois. Devant le comité des Droits de l'enfant de l'ONU les autorités
chinoises ont reconnu en 1996 avoir "pris l'enfant pour sa sécurité".
La vraie raison est qu'ils ont eu peur que les tibétains le légitiment
en lui rendant hommage. En 1996 il était le plus jeune prisonnier
politique dans le monde selon les affiches déployées à Dharamsala -
ville indienne d'exil du Dalaï Lama.
Samedi 15 juin :
Nous continuons notre route. A la sortie de Shigatze nous visitons le
monastère de Narthang. Il est en travaux et va être agrandi.




La route parcourt un paysage magnifique bien que désertique. Bivouac à
4 600 m. d'altitude. Nous nous y habituons.
Dimanche 16 juin :
Nuit moyenne sans doute à cause de l'altitude (4 800 m.) mais aussi à
cause de la musique jusqu'à 5 h. du matin.
La route est assez monotone mais il faut bien avaler les kilomètres.
Nous passons plusieurs cols à plus de 5 000 m.

A l'arrêt pour le repas de midi nous rachetons le médicament qui
prévient les effets indésirables de l'altitude. Dans la pharmacie qui
est aussi un dispensaire le médecin fume, des malades attendent de
consulter, un autre a une perfusion en place ... Nombreux troupeaux de
yacks et de moutons. Deux types de villages : les villages
traditionnels et les villages construits par les chinois. Les maisons
des premiers sont posées dans tous les sens et les maisons des seconds
sont bien alignées et toutes pareilles. Le seul point commun est
le drapeau chinois planté sur tous les toits. La présence chinoise et
les nombreux contrôles de police sont pénibles. Cette région est sous
haute surveillance.


Visite du monastère de Zhongba. Les abords sont dégradés et sales mais
le monastère est bien entretenu et plein d'intérêt.

Quelques images à la station-service.
Lundi 17 juin :
Nuit calme sur un parking d'hôtel. Nous avons dormi à 4 600 m. et nous
nous y habituons.
Le passage aujourd'hui est différent et très varié. Nous allons trouver
des lacs, des dunes de sable et des pics enneigés. Plusieurs passages
de cols à + de 5 000 m. d'altitude.

Les dunes ... sont maintenues par de gros blocs de pierres.

Les grands troupeaux de moutons sont gardés par des bergers
semi-nomades.


Le lac de Manasaorvar à 4 700 m. d'altitude.

Nous dormons dans la cour d'une guesthouse. Les chambres sont occupées
par des pèlerins indiens. Le vent souffle fort et il fait froid. Ils
n'ont pas l'air de souffrir de ce climat difficile pour eux qui
viennent d'un pays chaud.
Mardi 18 juin :
Surprise ce matin, il a neigé pendant la nuit. Juste de quoi blanchir
le paysage.

Après une cinquantaine de kilomètres nous prenons une route à gauche
qui monte tout de suite par de larges lacets jusqu'à 5 200 m. Nous
franchirons plusieurs cols à plus de 5 000 m. Encore des tentes de
nomades gardiens de moutons. Les pentes des montagnes sont très
colorées mais le soleil n'est pas de la partie et pas de photo. La
route est bonne mais de nombreux dos d'âne pas signalés obligent à
rouler prudemment. D'énormes camions empruntent cette route qui
finit en cul de sac. Mais il y a un village au bout.


Nous allons à la citadelle des ruines du royaume de Guge. Ce royaume a
joué un rôle très important pour la promotion du bouddhisme et a
résisté aux invasions. La révolution culturelle a eu raison des
magnifiques peintures et des statues à l'intérieur des temples. On doit
gravir 526 marches pour arriver au sommet.



Mercredi 19 juin :
La nuit a été meilleure parce que nous avons dormi à 3 600 m. seulement
!
Nous reprenons la route en sens inverse mais avec un beau soleil.
Petite étape aujourd'hui. Nous voyons des antilopes au bord de la route
et un lièvre détale à notre passage. Nous sommes remontés à 4 400 m.
mais nos organismes s'habituent à l'altitude.

Jeudi 20 juin :
Nous continuons notre route. Le paysage est très agréable entre lacs et
sommets enneigés.
Le bivouac est dans une petite ville. Les habitants sont très typés
tibétains et portent le costume traditionnel y compris les petites
filles.
Petit tour en ville très vite fait. Un four solaire chauffe l'eau de la
bouilloire. Un "kampa" est très intéressé par notre véhicule.

Vendredi 21 juin :
Nous avons dormi encore une fois à plus de 4 500 m. Et dès le
départ nous montons jusqu'à 5 400 m. et resterons toute la journée à
plus de 5 000 m. Nos organismes sont habitués mais nous sommes heureux
de redescendre à 3 700 m. pour dormir.
Grosse journée. Journée de neige.

Nous verrons des antilopes qui cherchent à brouter quelques touffes sur
une pente enneigée.

Encore quelques grands troupeaux gardés par une bergère.

Nous entrons dans la région du Xinjiang, la région des ouïgours,
minorité musulmane. L'armée est omniprésente, grande ligne de double
rangée de barbelés (notre guide nous dit que c'est pour protéger la
frontière. Oui mais, entre la Chine et la Chine ?), chars camouflés
sous des toiles kaki, camps militaires, contrôles de nos passeports, de
nos autorisations et du contenu de nos camions. Les couteaux sont
confisqués ! La région est hautement militarisée. Et, surprise, un trio
de chameaux !

Les chinois ont lancé un vaste plan de rééducation des ouigours et les
camps d'internement sont nombreux dans cette région. Les étrangers ne
sont pas les bienvenus. Nous n'aurons pas l'autorisation de nous
arrêter à l'approche de Kashgar et devrons cumuler les 2
dernières étapes. Obligation de dormir à l'hôtel à Kashgar. Notre guide
est nerveux lors des contrôles. Il dit que ce sont les ouigours qui
opèrent les contrôles. Comment est-ce possible puisque cette population
est discriminée ?
Dans la région du Tibet les panneaux étaient écrits en chinois et
tibétain, ici ils sont écrits en chinois et arabe.
Samedi 22 juin :
Le temps est plus clair aujourd'hui et nous profitons de paysages
superbes. Nous sommes toujours entre 4 et 5 000 m. et la neige couvre
les sommets.


Les contrôles sont plus stricts : nous sommes pris en photo, nos
passeports aussi, puis le militaire part faire des photocopies, puis
nous passons devant un poste de reconnaissance faciale et encore une
photo. On ne nous perdra pas ici ! C'est très pesant pour nous qui
tenons tant à notre liberté mais ici c'est normal ...
Nous descendons en altitude et le paysage change. Nous traversons des
canyons aux pentes très abruptes et craignons souvent qu'un bloc de
roche nous tombe dessus. Le matin nous croisons plus de 200 véhicules
militaires de toute sorte, c'est un régiment entier en déplacement. Des
dizaines de camions citernes ferment le convoi. A midi nous sommes
stoppés 2 heures pour un autre passage de convoi militaire. Les
ouigours vont être mis au pas ...
Les premières éoliennes nous surprennent. Par contre les panneaux
solaires sont très nombreux.
Notre guide veut avancer le plus possible et à l'étape il se
retrouve sans hébergement. Il nous demande un siège pour passer la
nuit. Nous lui préparons notre lit d'appoint. C'est l'aventure !
Dimanche 23 juin :
La nuit s'est bien passée et notre guide fait son baluchon. La campagne
est différente. La chaleur permet des cultures diverses, surtout de
noyers et d'abricotiers. Les chinois ont réussi à mettre beaucoup de
verdure dans ce coin de désert.
Nous déjeunons au bord de la
route.
Cimetière musulman.

Nous qui sommes venus à Kashgar en 1996 et 2005 ne reconnaissons plus
cette ville. La première fois c'était un village avec une place en
terre battue devant la mosquée et des gargotes où il faisait bon
manger des brochettes. La deuxième fois la place était bétonnée et les
gargotes avaient disparu. Aujourd'hui c'est une immense ville
chinoise ...
Lundi 24 juin :
Formalités de sortie du Tibet. Cela nous prendra la journée.
Notre guide Nendorl nous quitte après des "au revoir" chaleureux. Il
s'est bien acquitté de sa tâche, pas toujours facile avec les autorités
chinoises.
Nous avons un nouveau guide pour sortir du pays. Il n'est pas très vif
et se révèlera pas très compétent. Il nous prend en charge à 8 h.30 et
nous sortirons de Chine à 21 h. après avoir parcouru 250 km.
Premier check-point et encore le même scénario : photos, re-photos,
passeport, permis. Et là ils cherchent des visas sur le passeport alors
qu'ici la règle est le visa collectif avec un minimum de 5 personnes.
Pour les groupes de 4 il y a toujours un "malade" en secours. Et
nouveauté aujourd'hui, la police veut voir nos photos sur le téléphone
et dans l'appareil photo. Ils cherchent même une application de
traduction pour être sûrs d'être bien compris. Nous répondons non,
c'est privé et on remonte dans les ccars. Ils n'insistent pas.
Deuxième arrêt pour la douane. Les camions sont passés au scanner. Pour
les piétons le poste est neuf et la reconnaissance faciale ne
fonctionne pas. Ils sont 6 autour de l'appareil sans résultat. Ils
n'ont pas d'humour et le chef pérore ! Bon, on arrive à passer. Au
moment où tout est presque fini ils nous annoncent que la douane ferme
pour la pause du déjeuner. Rendez-vous dans 3 HEURES ... Nous sommes
furieux, le guide est trop mou ! Quand le poste ouvre à nouveau notre
guide discute avec les douaniers, il faut aller le tirer par la manche.
Au portail de sortie on nous réclame à nouveau nos passeports et c'est
NON !
Un dernier poste de police avant la sortie. RAS LE BOL. Notre guide
nous quitte ensuite, sans effusions.

Et en plus nous sommes sortis par Sary Tash au lieu de sortir par le
caravansérail de Tashi Bulak.
Et c'est l'entrée au Kirghizstan. Les policiers serrent la main des
messieurs et l'un d'eux dit : "Welcome to my country, Kirghizstan". Ils
sont souriants et aimables. Tout va très vite. On obtient un document
pour le camion qu'il faudra donner en sortant de Russie. On arrive
ensuite à un portail fermé. Un policier vient nous ouvrir après nous
avoir enregistrés. Et à nous la liberté.
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